Justice pour le Petit-Bard a trouvé l'oreille du ministère

Jérôme Diesnis

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Une copropriété très dégradée.
Une copropriété très dégradée. — Nicolas Bonzom / Maxele

Ils avaient rencontré une première fois Cécile Duflot pendant vingt minutes. Ce mardi, l'association Justice pour le Petit Bard a été reçue une seconde fois par le cabinet de la ministre de l'Egalité des territoires et du Logement. L'occasion d'approfondir, pendant deux heures, les différents problèmes. « Nous avons demandé une amélioration des dispositifs de prévention sur les expulsions », souligne Hamza Aarab, membre du bureau de l'association.

Absence de mutualisation


L'association a présenté au ministère un projet baptisé Prév'action, dans le but de prévenir les impayés et donc de limiter au maximum les expulsions, dans les différentes copropriétés dégradées de la ville.

Le cas de la famille André, expulsé par la force après une procédure jugée étrangement rapide par les travailleurs sociaux, en est l'un des symboles de ces drames humains. Et des dysfonctionnements. « Si la famille avait été prévenue des dispositifs en amont, on aurait évité qu'elle se retrouve SDF pour des impayés, reprend-il. Le problème, aujourd'hui, c'est le manque de mutualisation des dispositifs. Ils existent mais ne fonctionnent pas, parce que chacun travaille dans son coin. et de fonctionnement en commun des différentes structures sociales. » L'association et la préfecture n'ont pour l'heure quasiment plus de contact. « S'il n'y a rien d'acté, Cécile Duflot pourrait se rendre dans un proche avenir dans le quartier du Petit-Bard », explique un collaborateur de la ministre.

■ La tour H est vide

C'est l'un des symboles de la paupérisation du quartier. Le dernier habitant de la tour H a quitté le bâtiment, appelé à être détruit, avec une promesse de relogement par la préfecture.