L'avocat parle de « bavure »

Jérôme Diesnis
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Me Michaël Corbier défend Casti
Me Michaël Corbier défend Casti — Nicols Bonzom / Maxele Presse


L'instruction de l'affaire Casti, du nom du supporter qui a perdu son œil le 21 septembre 2012 en marge de la réception de Saint-Etienne vers le stade de la Mosson, s'est enrichie d'une nouvelle page. « Le rapport du médecin légiste a confirmé ce que mon client et tous les témoins de la scène  expliquent depuis le début de l'affaire, souligne Me Corbier, l'avocat du supporter montpelliérain. Sa blessure est bien consécutive à un tir de Flash-Ball et non à l'explosion d'une bombe agricole lancée par un supporter comme le laissaient entendre les policiers dans leur version. »



Légitime défense ?



Pour Michaël Corbier, le doute n'est pas permis. « Il faut appeler un chat par un chat, il y a eu très clairement une bavure. Florent Castineira était attablé et n'a en aucun cas participé aux échauffourées. » Un point que contestent toujours les policiers. L'enquête de l'IGPN, la police des polices, réalisée fin juillet, évoque la légitime défense. « Les conditions (...) semblent réunies. Il semblerait que les fonctionnaires de police se soient retrouvés dans une situation où leur intégrité physique ait été menacée et que l'emploi du Flash-Ball et de la grenade de désencerclement aient été justifiés », souligne le rapport.

Une conclusion que réfute Michaël Corbier. « Je ne peux pas être en accord avec ces justifications. Tout prouve que mon client a été touché alors qu'il était étranger à cette affaire. » 

L'avocat a demandé des compléments d'enquête au juge d'instructions. « Je ne peux pas en dévoiler la teneur, précise-t-il. Mais une partie d'entre elles concernent la façon dont a été menée l'enquête de l'IGPN. » En attendant d'être enrichi de ces nouveaux éléments, le dossier est toujours en cours d'instruction. 

■ Dossier médical

Le dossier médical de Casti avait disparu lors de son hospitalisation. Le supporter, qui a définitivement perdu l'usage de son œil, l'a récupéré. Sans savoir dans quels mains il était pendant ce temps.