L'adieu à la Motte Rouge

Jérôme Diesnis

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Les nageurs du Manuc étaient 
une centaine lundi soir.
Les nageurs du Manuc étaient une centaine lundi soir. — Nicolas Bonzom / Maxele Presse

Ils étaient une centaine lundi, salariés, dirigeants ou licenciés, venus « se recueillir devant la piscine de la Motte Rouge pour sa mort annoncée ». Le 7 octobre, l'université Montpellier-II (UM2) a confirmé la fermeture provisoire du centre sportif universitaire, dont elle est propriétaire. « Un coup de couteau dans le dos », s'emporte Philippe Jamet, président du Manuc, principal club de la ville. « Le 14 septembre, le président nous a annoncé la réouverture du site, avant de revenir sur sa décision un mois plus tard, pour des raisons de sécurité. »

« Une solution d'urgence »


A la suite des conclusions d'un audit et d'une concertation avec les responsables des deux autres universités de Montpellier (sur fond de fusion avec l'UM1), la prudence l'a emporté. « Les enjeux sanitaires et de sécurité nous ont poussés à ne pas ouvrir ce bâtiment tant que les travaux indispensables de remise aux normes ne seront pas réalisés », précise Bernard Maurin, directeur de cabinet du président de l'UM2. Un montant estimé à un million d'euros, entre filtration de l'eau, traitement de l'air ou réfection de la toiture.

Pour le Manuc, le coup est aussi rude qu'incompréhensible. Après un tour de table auprès des collectivités, le club apportait 450 00 € pour financer la première tranche des travaux. « Au lieu de 1 000 adhérents en cas de campagne d'adhésions, nous devons trouver une solution d'urgence pour 350 jeunes de l'école de natation. »

L'agglomération devrait leur ôter cette épine du pied. Outre des créneaux supplémentaires dans ses treize piscines, elle s'apprête à ouvrir cet hiver la piscine extérieure de Castelnau, à son attention. « Grâce à eux, nous allons sauver la saison », note Philippe Jamet. « Mais avec l'université, le contrat de confiance est rompu : l'avenir de la Motte Rouge se fera sans nous. »

■ Quel avenir ?

« Nous souhaitons une gestion déléguée pour rouvrir en 2014 », note Bernard Maurin, directeur de cabinet du président de l'UM2. Elle n'a « ni vocation ni compétence pour exploiter une piscine».