Croix-d'Argent sur les nerfs

Nicolas Bonzom

— 

Ce samedi soir, avenue de Toulouse.
Ce samedi soir, avenue de Toulouse. — Nicolas Bonzom/Maxele Presse

Les riverains de l'avenue de Toulouse en ont « ras-le-bol ». Une trentaine de jeunes prostituées investissent tous les soirs le quartier, entre l'avenue Clémenceau et le rond-point du Grand M. « Depuis quatre ans que l'exaspération des habitants se fait entendre, rien n'a été fait, confie Jean Almarcha, président du comité consultatif de Croix-d'Argent. Les prostituées et les clients font leurs affaires dans les descentes d'accès aux parkings, cela donne à voir des spectacles insoutenables pour les familles qui rentrent du cinéma avec leurs enfants. »

Des filles originaires d'Afrique anglophone


Les habitants du quartier évoquent des « nuisances sonores toute la nuit » et un fort « sentiment d'insécurité ». Derrière le supermarché, ils pointent du doigt les dizaines de préservatifs usagés et « les seringues », qui jonchent le sol. « Nous avons alerté les forces de police et les élus, mais la situation ne bouge pas, reprend Jean Almarcha. Mais nous n'oublions pas que ce sont des femmes, souvent jeunes, qui vivent dans la misère. Les chasser de l'avenue de Toulouse, cela reviendra à les repositionner ailleurs. »L'antenne montpelliéraine du mouvement du Nid, qui milite pour l'abolition de la prostitution et la pénalisation du client, connaît bien les prostituées de Croix-d'Argent. « Avec nos maraudes, nous les croisons la nuit, sur place, et elles viennent dans notre local suivre des cours de français, note Anne-Lise Barral, porte-parole montpelliéraine du Nid. Ces filles font partie de réseaux, qui viennent de pays d'Afrique anglophone, comme le Nigeria, ou le Ghana. Elles sont tenues par le remboursement de leurs dettes de» l'argent du passage «et subissent de fortes pressions sur leurs pays d'origine, notamment. »

■ Pénaliser les clients ■ Une proposition de loi, visant à pénaliser les clients de prostituées par une amende, et à abroger le délit de racolage, a été déposée à l'Assemblée Nationale par le groupe socialiste, et fera l'objet d'un débat d'ici fin novembre.