Une pêche miraculeuse

Jérôme Diesnis

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L'ambiance est bon enfant, même lorsque les lignes s'emmêlent.
L'ambiance est bon enfant, même lorsque les lignes s'emmêlent. — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Ils sont des centaines. Sur des barques, au bord de l'eau, ou même carrément dedans puisque des hommes-grenouilles ont fait leur apparition pour la débusquer. « Ils ont fait leur apparition il y a deux ou trois ans », s'étonne Guilhem qui, chaque année, à la même période, s'exile provisoirement de Montpellier pour s'installer quelques jours le long du canal à Sète. Pour une unique raison.

Les fils qui s'entremêlent


Des milliers de daurades quittent l'étang de Thau aux premiers frimas pour rejoindre la Méditerranée, plus chaude. Avec un point de passage obligé, le chenal de part et d'autres par la Plagette et la Pointe-Courte, deux quartiers historiques à la tradition séculaire. « On les attendait depuis quelques jours », sourit Jean-Louis Lambert.

Un moment d'ivresse collective qui ressemble à la pêche miraculeuse, jusqu'à cinquante poissons le premier jour « appâtés notamment par la moure dure, un appât péché sur l'étang, évoque Benoît un distributeur. Mais même sans rien on arriverait à pêcher ! » Et quelques tensions en prime entre les lignes qui s'entremêlent. « Il faut élever la voix mais pas perdre son sang-froid, explique Jean-Louis. Ça reste bon enfant.»

■ Un carnassier

Appréciée pour sa chair, la daurade qui se nourrit notamment de moules, arrive dans l'étang de Thau au mois de mars et la quitte avec l'arrivée du froid, généralement en octobre.