Une révolution in vitro

Jérôme Diesnis

— 

Le professeur Samir Hamamah, à l'origine de cette première.
Le professeur Samir Hamamah, à l'origine de cette première. — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Ils s'appellent Lilou et Bastien et se portent comme un charme. Ces bébés sont les premiers, en France, nés à partir d'ovocytes recueillis dans le cadre d'un don puis vitrifiés (congélation ultra rapide). Quatre autres grossesses sont en cours. « Ce procédé permet de mieux gérer l'attribution des ovocytes aux couples receveurs », résume le professeur Samir Hamamah, chef du département biologie de la reproduction .

Une évolution de la loi ?


Avant cette première, les dons étaient réalisés en simultanée, avec le risque que la donneuse croise les receveurs et que le nombre de cellules soit insuffisant. Une épreuve psychologique pour les couples parfois contraints à rebrousser chemin sans avoir pu bénéficier de l'implantation.

Le principe de vitrification permet une conservation de longue durée. Il ouvre la voie, pour le professeur Bernard Hédon, à l'auto-conservation des ovocytes, interdit par la loi : « Les femmes pourraient mettre en réserve leur fécondité, limitant ainsi la demande en dons alors que le nombre de donneuses est insuffisant. » Le collège national de gynéco-obstétrique, dont il est le président, s'est prononcé en sa faveur. Le conseil national de l'éthique réserve sa réponse.

■ Peu de donneuses

Le nombre de donneuses est trop faible en France. Les délais d'attente atteignent plusieurs années. En 2011, 402 femmes ont donné leurs cellules pour la naissance de 208 enfants.