Reno Lemaire vit à Dreamland

Jérôme Diesnis

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Ils font la queue depuis un bon moment déjà, en quête d'un dessin sous forme de précieuse dédicace. « A force de le croiser, on a appris à le connaître. C'est un mec en or », sourit Nicolas Shun. Avec son pote Rémi Tabourel, ils ont dévoré les douze tomes de Dream Land, le manga du Montpelliérain Reno Lemaire, l'un des seuls auteurs de mangas à vivre de son art en France. « Ses histoires sont pleines de clin d'oeil pour la ville », reprend Rémi.

Premier mangaka français


Montpellier s'y dévoile au fil des pages. « La journée, on suit la vie d'ados de 18 ans, le lycée, les filles, le permis. La nuit, ils vont dans dreamland où il se passe beaucoup de choses, explique l'auteur. Ça permet deux dualités. Un scénario fantastique et un réel, qui devait coller à la réalité. C'est pourquoi j'ai dessiné ma ville, c'est ce que je pouvais représenter le plus fidèlement. »

Reno Lemaire n'est pas qu'un mangaka. Il s'imagine avantage comme une forme de conteur. « Plutôt que du manga, je dirais que Reno aime raconter des histoires, souligne son pote Samir Moujane, auteur montpelliérain également, qui lui prête ponctuellement sa plume. Et le manga est sa façon la plus efficace pour arriver à ses lecteurs. C'est plus un moyen qu'une finalité. »

Loin du milieu ou d'un cursus artistique, bac STT en poche, Reno Lemaire a construit son propre trait, avec la passion qui l'anime depuis sa première BD, griffonnée à l'âge de 7 ans. « Je m'éclatais dans ce monde. Mais à l'école, j'étais simplement le gars qui dessinait bien dans la classe. Parce qu'il y en a toujours un. » A 33 ans, son propre univers oscille, lui aussi désormais, entre rêve et réalité.

■ Un tremplin pour les jeunes auteurs

Le festival de BD de Fabrègues, qui fêtait sa 15e édition ce week-end, a régulièrement servi de tremplin aux auteurs. Nombre d'entre eux y ont été invités avant même d'être publiés, comme Leen (St-Jean-de-Védas) cette fois, Dadou ou Philippe Fenech lors d'éditions précédentes. « Aux côtés de professionnels, nous sommes ravis d'inviter ces jeunes, qui viennent parfois comme volontaires », résume la présidente Emmanuelle Gimaud.