L'autre économie de l'été

Jérôme Diesnis

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Des structures bien identifiées.
Des structures bien identifiées. — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Ils fleurissent au bord des routes avec les premiers rayons de soleil et, pour la plupart, disparaissent avec les derniers estivants. Souvent placés aux entrées des agglomérations, les vendeurs de fruits et légumes éphémères sont l'un des symboles de l'été. « Ici, c'est bon et pas cher. Les prix sont abordables parce qu'on ne triple pas les marges », évoque Françoise Renato de l'enseigne éponyme, aux portes de Montpellier. « On ne travaille qu'avec les producteurs de Provence et les maraîchers de Mauguio et du Crès. » D'autres vendent leur propre production. Et généralement, les prix y défient toute concurrence.

Peu de redevance


Comme nombre de commerces, Renato est positionné sur le domaine public. Propriété en l'occurrence du conseil général, qui délivre une bonne partie des autorisations d'occupation dans l'Hérault. Un cadre légal limité dans le temps – « trois mois généralement », précise-t-on au domaine des routes –, dans l'espace (« 20 m2 au maximum ») et la taille de la panneautique (pour les nuisances visuelles).

Soumis aux codes de la consommation et du commerce, les saisonniers répondent à des normes en terme d'accès et de stationnement. « Nous refusons régulièrement des projets pour raison de sécurité ».

Libre aux gestionnaires publics de demander une redevance, comme dans la majorité des villages. En revanche, le conseil général laisse gracieusement le domaine public à disposition. « Ces établissements forment une concurrence déloyale, s'agacent Stéphane et Chrystel Teyssedre, présidente de l' UNFD, l'intersyndicale de la profession. Le problème c'est que l'on ne joue pas à armes égales. Trop souvent ces structures sont montées de manière sauvage. »

■ Pas de chiffres

Le nombre de structures occupant le domaine public ne fait pas l'objet d'un dénombrement précis dans l'Hérault. La majorité appartiendrait à des producteurs aux revenus modestes.