« Je suis l'homme qui a vu l'ourse ! »

Propos recueillis par Jérôme Diesnis

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Narbonne kite passion

Mardi, au surlendemain de sa fugue, Viviane, l'ourse échappée de la réserve africaine de Sigean (Aude) a été localisée mais n'avait toujours pas été capturée à 20 h. Directeur de Narbonne Kite Passion, Matthieu Brunel est tombé nez à nez avec le plantigrade lundi. C'est lui qui a donné l'alerte.

Racontez-nous cette rencontre...

Je suis l'homme qui a vu l'ourse ! Depuis trois ans que l'école est ouverte sur l'étang de la Sèche (Aude), on se rend à un endroit uniquement accessible en bateau. A la fin de mon cours, nous repliions les ailes de kite sur la plage avec les élèves. J'ai alors aperçu une grosse masse noire inhabituelle. J'ai pris mon kitesurf et ma planche. Quand je suis arrivé à une dizaine de mètres, j'ai vu que c'était une ourse.

Vous avez immédiatement pensé à la réserve de Sigean ?

Oui. Elle était en train de se diriger vers mes élèves. Je les ai rejoints en kite. Je leur ai demandé de laisser le matériel sur la plage pour rejoindre le bateau. L'ourse s'est rapprochée des ailes. Quand elle s'est éloignée, on a replié le matériel, pris une photo et on est parti.

Personne n'a paniqué ?

On était surtout étonné. C'est chouette, on a économisé la visite de la réserve !

(rires

) Au retour, j'ai appelé Sigean pour leur demander s'ils n'avaient pas perdu une ourse. Ils ont cru à une blague... avant de prévenir la gendarmerie une fois le comptage effectué.

Avez-vous participé aux recherches ?

Je me suis mis à disposition des gendarmes et de la réserve pour partir à sa recherche le long de l'étang. Mais on n'a fait que suivre ses empreintes avant de le perdre de vue au niveau de la voie ferrée.

Craignez-vous de recroiser l'animal ?

Au contraire, pour que l'histoire soit belle, je rêvais de la retrouver après l'avoir découverte. Je suis retourné sur l'étang lundi. J'avais vu à ses réactions qu'elle n'était pas agressive envers moi, mes élèves ou le kite sur la plage.

■ Les paras s'y collent

Trente militaires du 3e RPIMa sont venus prêter main forte aux équipes de chercheurs sur place. Mardi, en début de soirée, l'ourse du Tibet n'avait toujours pas été capturée.