La danse, d'abord pour fuir

Nicolas Bonzom

— 

Mathilde Monnier vient d'être reconduite dans ses fonctions pour trois ans.
Mathilde Monnier vient d'être reconduite dans ses fonctions pour trois ans. — Nicolas Bonzom / Maxele Presse

François Olislaeger en a fait une héroïne de BD, dans un ouvrage* paru en mai aux éditions Denoël. « Elle est à la fois timide, généreuse et très ouverte », souligne le dessinateur belge. Elle est aussi une travailleuse passionnée. Mathilde Monnier, 53 ans, est à la tête du centre chorégraphique de Montpellier depuis 1994. Le 20 mars, lors de l'annonce de sa reconduction pour trois ans, elle fond en larmes : « Je ne m'y attendais pas du tout. Je m'étais préparée à partir. »

Quarante-sept créations


La danseuse naît à Mulhouse, d'un papa industriel dans le textile et d'une maman « qui ne travaille pas, comme autrefois ». Alors qu'elle n'a que 2 ans, la famille s'installe au Maroc. « Il n'y avait pas de cours de danse, souligne-t-elle. Mais je dansais tout le temps et partout, dans le jardin ou dans la maison. » A l'âge de 14 ans, à l'Arabesque de Mulhouse, de retour en France, Mathilde prend cette passion au sérieux, jusqu'à son premier contrat professionnel, à 20 ans. « Au départ, c'était un moyen de fuir les parents, sourit la chorégraphe. Ca m'a permis de découvrir le monde, comme Alice au pays des merveilles » Depuis 1983, 47 créations portent sa signature. Et à chacune de ses apparitions sur la scène, Mathilde Monnier réinvente son art.

■ Coup d'envoi

Le 33e Montpellier Danse débute samedi, avec la ministre de la culture Aurélie Filippetti. Dimanche et lundi (22 h), Mathilde Monnier présente sa création « Qu'est-ce qui nous arrive ? » à l'Agora (18 à 25 €).