Les emplois d'avenir sont trop peu exploités

Jérôme Diesnis

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Les jeunes de 18 à 26 ans sont ciblés.
Les jeunes de 18 à 26 ans sont ciblés. — Nicolas Bonzom / Maxele Presse

Il avait des emplois d'avenir fait son dossier prioritaire à sa première apparition, le 14 janvier. A croire que le préfet Pierre de Bousquet de Florian n'a pas été audible. Dans un courrier envoyé le 28 mars aux collectivités territoriales, il s'est fait incisif : « Je ne puis que constater - et le regretter vivement - que le dispositif (...) ne décolle pas. »

« Il y a urgence ! »


Alors que l'Hérault dispose d'un volume de 1 735 emplois aidés à 75% par l'État, seuls 170 y ont été signés : 22 par la mairie de Montpellier (dont sept via le CCAS), 10 à l'agglomération, 30 par le conseil général, le reste essentiellement par des associations. Bien trop peu pour le représentant de l'État qui « appelle tous les élus à s'engager plus résolument dans le dispositif. »

A Montpellier, le taux de chômage atteint 40% dans certains quartier. Mais les collectivités - à l'image du conseil municipal - rétorquent par « les compressions budgétaires », « la diminution des dotations », et « la volonté de ne créer que des emplois pérennes. » Des arguments balayés par le député Jean-Louis Roumégas (EELV) : «Ils ne se rendent pas compte de l'urgence. Ces jeunes attendent d'avoir une formation et un CDD de trois ans. » Pour répondre aux attentes du gouvernement, il estime à 700 le nombre d'emplois d'avenir à créer à Montpellier, entre les collectivités : « Ces choix sont incompréhensibles. Le coût pour combattre le chômage s'élèverait à 700 000 € par collectivité. Pour le financer, il n'y a qu'à supprimer des opérations inutiles. »

■ Le dispositif

Les contrats d'avenir (CDI ou CDD de trois ans) sont financés à hauteur de 75% par l'État pendant trois ans. Ils sont créés au sein du tissu économique, social et solidaire, pour les jeunes de 16 à 25 ans, avec peu ou pas de qualification.