C'EST UN JARDIN EXTRAORDINAIRE

Nicolas Bonzom

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Dix jardiniers sont au chevet des 3 000 espèces différentes du Jardin des plantes.
Dix jardiniers sont au chevet des 3 000 espèces différentes du Jardin des plantes. — UNIVERSITé MONTPELLIER I

Les Montpelliérains se promènent dans ses allées sans se douter des trésors qu'il abrite. Le Jardin des plantes, entre Albert-1er et le Peyrou, est le plus ancien parc botanique de France. Le médecin Pierre Richer de Belleval, sur ordre du roi Henri IV, fut chargé d'en constituer les premières collections végétales, en 1593.

« Il a été créé ici du fait de la notoriété de la faculté de médecine, confie Emmanuel Spicq, chef de culture depuis 11 ans. On y étudiait les plantes médicinales. » Aujourd'hui, les étudiants en pharmacie ont pris le relais et s'y rendent chaque printemps, pour des travaux de botanique.

Des arbres vieux de quatre siècles


Classé aux monuments historiques en 1992, le jardin de 4, 7 ha entame aujourd'hui sa deuxième phase de restauration. « Après la transformation de la serre à cactus, le président de l'Université de médecine cherche actuellement des subventions pour commencer la restauration de l'orangerie, qui date du 1er Empire », reprend Emmanuel Spicq. Une opération très minutieuse, tant le jardin regorge d'espèces rarissimes. Parmi elles, l'arbre de Judée, planté au XVIe siècle par Pierre Richer de Belleval, n'a pas bougé depuis. Un peu plus loin, sur la « montagne de Richer », un phillyrea (olivier méditerranéen) de 1620 est devenu « l'arbre des amoureux ». Les romantiques y glissent des lettres enflammées dans son tronc. « C'est peut-être le plus ancien fillère du monde entier », confie le chef de culture. Fort de ses 3 000 espèces, le « zoo végétal » de l'université Montpellier-I est une institution. Chaque année, 130 000 visiteurs s'y baladent.

■ UNE journée « PRIMAVERA » DIMANCHE

Ce dimanche (10 h-18 h), le Jardin des plantes accueille la 10e édition de « Primavera », une exposition/vente de plantes rares. Des collectionneurs, des pépiniéristes, des associations et des chercheurs seront au rendez-vous. Des conférences gratuites sont aussi au programme.