« un progrès considérable »

NICOLAS BONZOM

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Catherine Alix-Panabières, 42 ans, dirige les travaux contre le cancer.
Catherine Alix-Panabières, 42 ans, dirige les travaux contre le cancer. — CHU de Montpellier

Le centre hospitalier de Saint-Eloi s'est doté d'un laboratoire unique en Europe. Six médecins et scientifiques y conduisent des recherches sur la détection des cellules tumorales circulantes (CTC). « Durant la formation et la croissance d'une tumeur solide [cancer du sein, du colon ou de la prostate], certaines vont se décrocher et circuler dans le sang pour aller se loger dans les organes distants et provoquer des métastases, explique le docteur Catherine Alix-Panabières, responsable de l'unité au sein de l'institut de biothérapie. 99 % des patients meurent des suites de ce phénomène, et non de la tumeur primaire. » L'équipe s'emploie donc à analyser ces CTC, après une prise de sang classique, pour tenter « de les détruire ».

Vers un traitement adapté


Les travaux des chercheurs montpelliérains permettent également de personnaliser le traitement dont doit bénéficier le patient, en l'adaptant au cancer dont il souffre. « Si une personne atteinte d'un cancer du sein a plus de cinq CTC nous la mettons sous chimiothérapie, si elle en dispose de moins de cinq, nous choisissons l'hormonothérapie, reprend Catherine Alix-Panabières, qui a intégré l'hôpital en 1999. Pour la première fois, nous évaluons au niveau»médico-économique«l'intérêt de faire ce test plutôt que de traiter des patientes à l'aveugle. » Le CHU de Montpellier présente le procédé comme un « progrès considérable dans la prise en charge des cancers ».

Deux brevets ont été déposés


Ces recherches ont donné lieu au dépôt de deux brevets ainsi qu'à l'obtention, le 18 décembre dernier, du Prix Cancer par l'Académie de médecine. « Notre unicité réside dans le fait que nous avons différentes technologies sur un même site », reprend le médecin. Montpellier, dont la faculté est la plus ancienne encore en exercice en Europe (XIIIe siècle), reste fidèle à son statut de capitale historique de la médecine en France.

■ 3 MILLIONS D'EUROS

Les premiers résultats encourageants des recherches sur les CTC ont permis à l'équipe de bénéficier d'une enveloppe de 3 millions d'euros, allouée notamment par la région Languedoc-Roussillon et les associations contre le cancer.