Il a donné un visage à Jack l'éventreur

Jérôme Diesnis

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Michel Moatti était en dédicaces ce mercredi à Béziers. Il le sera ce jeudi à Montpellier.
Michel Moatti était en dédicaces ce mercredi à Béziers. Il le sera ce jeudi à Montpellier. — HC Eéditions

Chassez le naturel, il revient au galop. Ce devait être un roman policier, un roman noir. « J'étais parti dans l'idée de rédiger un livre qui retracerait l'atmosphère oppressante du Londres de la fin du XVIIIe siècle ». La face sombre de l'Angleterre victorienne. Elle fait alors peu de cas des ouvriers qui nourrissent sa révolution industrielle.

Au bout du compte, c'est l'une des plus grandes énigmes de l'histoire que Michel Moatti est peut-être arrivé à résoudre. Découvrir la véritable identité de Jack l'éventreur dévoilée à l'issue d'une véritable enquête. « J'ai l'intime conviction que la personne dont je donne l'identité est bien le tueur de Whitechapel. » On veut le croire. Mieux encore, on peut y croire, tant Retour à Whitechapel, la véritable histoire de Jack l'éventreur (HC éditions) laisse le lecteur le souffle court par ses accents d'authenticité.

Un mois, trois rééditions


Avant d'être maître de conférence à l'université de Montpellier-III, avant l'écriture de ce premier roman, Michel Moatti fut journaliste pendant une quinzaine d'années. Correspondant pour Reuters notamment et fin connaisseur de l'Angleterre. C'est en se lançant dans les archives de Scotland Yard, ouvertes depuis une décennie, que son enquête a pris corps. « C'est effectivement ce que l'on me dit souvent, sourit-il. Quelque part je me suis pris au jeu.» Trois années d'enquête à traquer le tueur sans visage aujourd'hui encore. Tiré à part, un fac-simile de son enquête accompagne l'ouvrage.

Retour à Whitechapel oscille entre polar et roman historique. Dès sa première semaine, il occupait la quinzième place du classement du premier genre et la première du second sur Amazon. Sans doute parce qu'il est avant tout un vrai roman. C'est à travers les yeux d'un personnage de fiction, Amelia que renaît l'Angleterre victorienne. Omniprésente et oppressante.