Deux robots de la société basée à Euromédecine vont protéger la Sérénissime des crues.
Deux robots de la société basée à Euromédecine vont protéger la Sérénissime des crues. — Jérôme Diesnis / Maxele pResse

Montpellier

À Venise, une vie sous les gondoles

Sous-marins L'entreprise montpelliéraine Eca-Hytec participe à un projet pharaonique

C'est un projet pharaonique de 3, 5 milliards d'euros. Un fil tendu entre l'équilibre naturel et le génie humain pour tenter de sauver Venise (Italie) des flots. La construction du module expérimental électromécanique (Mose) a débuté en 2003 afin de protéger la Sérénissime des inondations. Sur 1 600 m, de gigantesques écluses mobiles s'élèveront jusqu'à 3 m de haut afin d'isoler ponctuellement la lagune de la mer Adriatique. Avant de s'abaisser en dehors des périodes de crues pour permettre à l'écosystème de survivre. Ce projet colossal est en partie porté par une entreprise de Montpellier, le fabricant de robots sous-marins Eca-Hytem.

Les yeux de la Rolls Royce


Il maîtrise ce milieu depuis 1981 et ses premiers pas sur les forages des plates-formes off-shore en mer du Nord. « Venise, c'est formidable, sourit Pierre-Emmanuel Gaillard, directeur à Montpellier. Nous, nous sommes un peu les phares de la Rolls Royce. »

Alors que le socle de béton servant de support aux 78 écluses, a déjà été coulé à l'embouchure de la lagune, les deux robots baptisés H800-300 vont devenir les yeux des techniciens. « Ils agiront pour placer les balises acoustiques dans les enclaves qui serviront à accueillir les écluses, reprend-il. Ensuite, une fois par an, les robots guideront les techniciens pour la maintenance des caissons. » La reine des villes a des beaux yeux. Ils trouvent leur éclat à Montpellier.

■ en 1987, Déjà sur l'épave du Titanic

En 1987, c'est un robot de la société (alors baptisée Hytec) qui avait accompagné le Nautilus dans l'exploration du Titanic. 26 ans plus tard, Eca-Hytec va également livrer sept sous-marins H300 à l'Inde et un H2000 (les chiffres étant la profondeur maximale, en mètres, pouvant être atteint par les robots) à la marine nationale.