Enjeux d'une fusion à DEUX

nicolas bonzom

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L'université unique accueillerait environ 40 000 étudiants.
L'université unique accueillerait environ 40 000 étudiants. — nicolas bonzom / MAXELE PRESSE

Georges Frêche en avait fait l'un de ses derniers combats. Dès décembre 2008, l'ancien président de la région défendait l'idée d'une fusion des trois campus de la ville. Le projet d'université d'excellence (Idex) fut retoqué en novembre 2011, six mois après le retrait de l'UM-III (lettres), privant le 5e pôle étudiant de France d'une dotation d'1, 5 milliard d'euros. La fusion n'est pourtant pas enterrée. L'UM-I (sport, santé, économie et droit) et l'UM-II (sciences) annoncent la création de « l'Université Nouvelle de Montpellier » pour le 1er janvier 2015.

G La fusion était-elle nécessaire ? « C'est évident, précise Gilles Halbout, vice-président de l'UM-II, chargé de la fusion. Les deux universités ont des laboratoires communs et le personnel travaille ensemble. Seules les barrières administratives sont un frein. » Philippe Augé, président de l'UM-I, cible la volonté de reconnaissance des diplômes. « Il y aura un sentiment d'appartenance à un pôle qui a une visibilité internationale. », reprend-t-il. L'université unique regrouperait 40 000 étudiants.

G Qu'en disent les étudiants ? « On ne peut pas s'opposer au projet, ce n'est que du positif ! » s'exclame Chloé, 24 ans, en droit. « Ca ne changera pas la vie étudiante, confie Guillaume Guidici, 25 ans, vice-président de l'UM-I et en master de pharmacie. L'objectif est d'offrir des outils pour s'épanouir. Aucune crainte, plutôt de la curiosité. » Les étudiants peuvent participer jusqu'au 21 janvier à une consultation sur les sites web des universités.

G Y-aura-t-il des changements de locaux ? « Il n'y aura pas de délocalisations, reprend Gilles Halbout. Les infrastructures ont été pensées dans le plan Campus, comme la faculté de médecine ou le pôle chimie à Triolet. (...) Cependant, certains locaux ont besoin d'être réhabilités, comme l'institut de botanique [15 millions d'euros de travaux]. »

G La porte est-elle ouverte à l'UM-III ?

En 2011, Anne Fraïsse, la présidente de l'UM-III (18 700 étudiants), se retirait de l'Idex, estimant que « les sciences humaines n'étaient pas assez représentées ». Ce désengagement semble avoir laissé des traces dans la communauté universitaire. « La porte reste ouverte, mais je crois que la question ne se pose plus. », reprend Philippe Augé. W