Bavure ou légitime défense ?

Jérôme Diesnis

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Le supporter blessé est issu du groupe de la Butte Paillade 1991 (illustration).
Le supporter blessé est issu du groupe de la Butte Paillade 1991 (illustration). — N. BONZOM / MAXELE PRESSE

L'enquête confiée à la sûreté départementale devra déterminer s'il y a eu bavure policière ou non. Vendredi, à côté du stade de La Mosson, avant le match de foot entre Montpellier et Saint-Etienne, un supporter de 21 ans a été victime d'un projectile de Flash-Ball. Grièvement touché à l'œil, ce membre de la Butte Paillade a été opéré en urgence le lendemain. Les chirurgiens sont très réservés sur sa capacité à retrouver l'usage de son œil.
A l'origine de cette violence, un autre supporter. Celui-ci a perdu, devant les forces de l'ordre, un fumigène (éteint). Quatre policiers de la Bac l'ont poursuivi, usant, selon de nombreux témoignages, de leur matraque pour se frayer un passage au milieu des spectateurs. Ce manque de discernement serait à l'origine de la rébellion qui a suivi, lorsque le supporter s'est réfugié dans une buvette. Selon le procureur Brice Robin, « alors qu'ils ont voulu l'interpeller, les policiers ont été pris à partie ». Les blessures de l'un d'eux lui ont valu une ITT (incapacité temporaire de travail) de six jours. Un de ses collègues a alors utilisé son arme pour se dégager. La balle aurait rebondi sur une table, avant de ficher dans l'œil du jeune Casti, assis à une table voisine et étranger à cette rixe, selon tous les témoignages. Y compris, semble-t-il, celui du policier incriminé.

La butte solidaire

Pour marquer leur solidarité avec Casti, les membres de la Butte Paillade 1991 ont refusé de rentrer dans le stade. Leurs sièges sont restés inoccupés.