Guerre en Ukraine : « L'abattoir de Bakhmout », le conflit s’enlise pour Noël… La semaine en quatre infographies

récap' « 20 Minutes » vous résume les enjeux et l’avancée du conflit entre Kiev et Moscou en infographies

Nathan Tacchi
Carte de la situation en Ukraine au 23 décembre à 8h
Carte de la situation en Ukraine au 23 décembre à 8h — SIMON MALFATTO, PAZ PIZARRO, KENAN AUGEARD / AFP
  • Après plus de dix mois de conflit, les forces de l’armée russe concentrent leur effort sur Oblast de Donetsk, à l’est de l’Ukraine. Là-bas, Vladimir Poutine espère récolter une victoire sous peu, lui qui essuie défaite sur défaite depuis quelques mois.
  • A Bakhmout, les combats sont des plus violents. Dans le froid de l’hiver ukrainien, une guerre de tranchée semble s’y installer. Mardi, Volodymyr Zelensky s’est rendu sur place pour apporter son soutien aux militaires. Cette venue surprise au plus proche des combats est apparue comme un défi lancé à Vladimir Poutine.
  • Mercredi, lors d’une visite du président Zelensky, les Etats-Unis ont annoncé la livraison de nouveaux systèmes d’armement dernière génération. Comme chaque vendredi, 20 Minutes revient sur les éléments clefs de la guerre en Ukraine et les grands tournants de la semaine en infographies.

A deux jours de Noël, les combats sur le front ukrainien ne perdent pas en intensité. Les violents assauts de l’armée russe et du groupe paramilitaire Wagner sur Bakhmout, accompagné des bombardements de l’artillerie lourde de Vladimir Poutine sur l’ensemble de l’est de l’Ukraine, n’ont de cesse. Mercredi, le président Volodymyr Zelensky s’est rendu aux Etats-Unis pour solliciter soutien et armement militaire. Son premier déplacement en dix mois de conflit hors du territoire national. Au même moment le président russe a intensifié le nombre de bombardements et a rehaussé le nombre de mobilisés russes et leur âge, laissant présager une vague de nouveaux soldats formés d’ici la fin du premier trimestre 2023.


La Russie concentre son offensive sur la région de Donetsk


Carte de la situation en Ukraine au 23 décembre à 8h
Carte de la situation en Ukraine au 23 décembre à 8h - SIMON MALFATTO, PAZ PIZARRO, KENAN AUGEARD / AFP

A deux jours de Noël, dans l’Est ukrainien, les forces armées russes concentrent l’essentiel de leur énergie à la prise du Donbass, province revendiquée et annexée par Vladimir Poutine, sans même la contrôler. Sur quelque 815 kilomètres de front, le chef d’état-major russe Valéri Guerassimov explique que « les principaux efforts de [leurs] troupes se concentrent sur l’achèvement de la libération du territoire de la République populaire de Donetsk » autoproclamée par les séparatistes prorusses.

Depuis des mois, l’armée russe semble s’enliser dans le Donbass et dans le sud du pays, enchaînant défaite sur défaite. Vladimir Poutine parle de situation « extrêmement difficile ». Malgré tout, le départ des troupes n’est pas prévu de sitôt. Mercredi, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a jugé « nécessaire » d’augmenter les effectifs de son armée à 1,5 million de militaires et d’augmenter l’âge limite du service militaire. Un précédent décret datant d’août prévoyait déjà de gonfler l’effectif à 1,15 million de soldats à partir du 1er janvier. Pour l’heure, 150.000 hommes mobilisés effectuent leurs formations initiales dans les centres d’entraînement russes mais aussi en Biélorussie, plus proche allié de la Russie de Vladimir Poutine. « Nous nous efforcerons de faire en sorte que cela se termine. Et le plus tôt sera le mieux, bien sûr », a soutenu le chef du Kremlin lors d’une conférence de presse jeudi.

Bakhmout, l’épicentre actuel du conflit


Vue satellite de la ville de Bakhmout dans l'Est de l'Ukraine, point critique sur le front de l'Est de l'Ukraine, au 19 octobre.
Vue satellite de la ville de Bakhmout dans l'Est de l'Ukraine, point critique sur le front de l'Est de l'Ukraine, au 19 octobre. - SABRINA BLANCHARD, VALENTIN RAKOVSKY / AFP

A Bakhmout, lieu de pertes massives russes comme ukrainiennes, les combats hivernaux laissent place à une guerre de tranchées épuisante. A tel point que le patron du groupe paramilitaire Wagner l’a surnommée « l’abattoir de Bakhmout ». Sur place, l’armée russe, en quête d’une rare victoire stratégique, mène de très intenses offensives sans importantes percées sur le terrain. Faisant fi du danger, le président Volodymyr Zelensky s’est rendu mardi au plus près des combats à la rencontre des soldats ukrainiens. « Ici, dans le Donbass, vous protégez toute l’Ukraine. Ce n’est pas juste Bakhmout, c’est la forteresse Bakhmout », leur a-t-il lancé, avant de leur remettre médailles et honneurs.

Plus tard, lors de son intervention quotidienne en ligne, le chef de l’Etat ukrainien a soutenu l’effort de ses troupes : « Nous ferons tout le possible et l’impossible, l’attendu et l’inattendu, afin que nos héros disposent des moyens de vaincre. Afin de parvenir au résultat que tous les Ukrainiens, que toutes les villes et les villages sur la ligne de front attendent ». Cette visite apparaît véritablement comme un affront lancé à son homologue russe Vladimir Poutine, qui ne sort que très rarement de son palais au Kremlin.

Les Etats-Unis dotent l’Ukraine du système dernier cri de défense antiaérienne Patriot


Un nouveau volet de l'aide américaine pour l'Ukraine doit être annoncé, comprenant notamment le système de missile sol-air Patriot.
Un nouveau volet de l'aide américaine pour l'Ukraine doit être annoncé, comprenant notamment le système de missile sol-air Patriot. - GAL ROMA, STF, ELÉONORE HUGHES, ANIBAL MAIZ CACERES, LUCA MATTEUCCI / AFP

Face à la multiplication des attaques de drones, comme celle de lundi au petit matin sur Kiev, l’armée ukrainienne être dotée du système de défense antiaérienne dernière génération des forces militaires américaines, appelé Patriot. L’annonce a été faite mercredi lors du déplacement Volodymyr Zelensky aux Etats-Unis, son premier voyage hors du territoire ukrainien depuis le début de la guerre. Ce système permettra, dès sa livraison, « d’abattre des missiles de croisière, des missiles balistiques de courte portée et des avions à une altitude nettement supérieure à celle des systèmes de défense qui avaient été fournis jusque-là », a expliqué le secrétaire d’Etat Antony Blinken.

Le Patriot, connu pour son efficacité notamment en Irak, ne semble pas inquiéter les Russes. « Concernant le Patriot, c’est un système assez vieux. Il ne fonctionne pas comme notre (système) S-300. Mais nos opposants partent du principe que c’est une arme défensive. Très bien, on va garder ça à l’esprit. Et il existe toujours un antidote », a déclaré jeudi Vladimir Poutine.

Ce système de défense fait partie du nouveau package d’aide militaire des Etats-Unis de 1,85 milliard de dollars, dont 1 milliard sous forme de dons d’armement tirés des stocks de l’armée américaine et le reste en commandes à l’industrie de défense, ce qui implique des délais de plusieurs mois, voire plusieurs années.

Depuis plusieurs semaines, Volodymyr Zelensky sollicitait de nouveaux systèmes similaires au Patriot. Mardi, le président français Emmanuel Macron a annoncé dans une interview à TF1 et LCI qu’au premier trimestre de l’année 2023, la France devrait « livrer à nouveau des armes et des munitions utiles, pour que les Ukrainiens puissent se défendre face aux bombardements ».


La Russie va augmenter ses exportations de gaz en direction de la Chine


Graphiques montrant les exportations russes vers une sélection de pays depuis 2019, et leur évolution depuis l'invasion de l'Ukraine
Graphiques montrant les exportations russes vers une sélection de pays depuis 2019, et leur évolution depuis l'invasion de l'Ukraine - JEAN-MICHEL CORNU, JULIA HAN JANICKI / AFP

Depuis la réduction de ses exportations de gaz vers l’Europe de l’Ouest, la Russie se tourne vers l’Est, et notamment la Chine, grosse consommatrice d’énergie. Vladimir Poutine a officiellement lancé mercredi l’exploitation du champ gazier de Kovykta, un vaste gisement situé près du lac Baïkal, en Sibérie, qui doit permettre d’augmenter les exportations vers l’Empire du Milieu.

Le champ de Kovykta doit alimenter le gazoduc Force de Sibérie 1, qui relie depuis fin 2019 le champ de Tchaïandina (Yakoutie) au nord-est de la Chine. Moscou prévoit également la construction dès 2024 du gazoduc Force de Sibérie 2 pour alimenter la Chine via la Mongolie. L’exploitation du gisement de Kovykta va amorcer « une vraie dynamique de développement » et signale qu’un « complexe industriel puissant et stratégique est en train d’être créé dans l’est de la Russie », s’est félicité Vladimir Poutine. La Russie a pour objectif d’atteindre 20 milliards de m3 exportés chaque année vers la Chine.