Guerre en Ukraine : Wagner, pétrole et manque de lumière… La semaine en quatre infographies

recap' « 20 Minutes » vous résume les enjeux et l’avancée du conflit entre Kiev et Moscou en infographies

Marion Pignot
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Carte de la situation en Ukraine au 24 novembre.
Carte de la situation en Ukraine au 24 novembre. — SIMON MALFATTO, PAZ PIZARRO, KENAN AUGEARD / AFP
  • Malgré les efforts déployés par les ingénieurs ukrainiens, près de la moitié des habitants de Kiev sont toujours privés d’électricité ce vendredi et ce, sous des températures hivernales.
  • Ce manque de lumière, de chauffage parfois de gaz et d’eau est la conséquence des deux jours après des frappes russes ayant une nouvelle fois visé des infrastructures essentielles, parmi lesquelles trois centrales nucléaires contrôlées par Kiev.
  • Entre pluie de missiles de croisière, acharnement de Wagner à Bakhmout et l’arrivée du froid, ces sept derniers jours ont été denses en Ukraine. Comme chaque vendredi, « 20 Minutes » revient sur les éléments clefs de la guerre en Ukraine et les grands tournants de la semaine en infographies.

Paris et Berlin « soutiendront l’Ukraine jusqu’au bout » du conflit, a affirmé ce vendredi la Première ministre française Elisabeth Borne, en déplacement en Allemagne. Plus tôt dans la semaine, Washington avait dit de même, accompagnant ses mots de 400 millions de dollars d’aide supplémentaire. Idem du côté du Royaume-Uni, quand Emmanuel Macron a estimé mercredi sur Twitter que « toute frappe contre des infrastructures civiles constitue un crime de guerre et ne peut rester impunie ». 

Bref, cette semaine encore la communauté internationale a assuré Kiev de son soutien. Mais, sur place, le froid est là affaiblissant troupes et moral, alors que le Kremlin continue d’arroser le pays à coups de missiles de croisière. La Russie va « atteindre ses objectifs » en Ukraine, a même lâché Vladimir Poutine pour conclure la semaine, qui se termine ce vendredi au 274e jour de conflit.

Garder Bakhmout et la Crimée quoiqu’il en coûte

Carte de la situation en Ukraine au 24 novembre.
Carte de la situation en Ukraine au 24 novembre. - SIMON MALFATTO, PAZ PIZARRO, KENAN AUGEARD / AFP

Kherson est libérée, Kiev pilonnée et sans électricité. Sur le terrain, malgré les revers, Moscou n’abandonne pas au point de tirer cette semaine des pluies de 70 missiles de croisière, assurant ne viser que des infrastructures militaires. Au Sud, la Crimée reste fortement contrôlée par les forces russes sur place « en alerte ». La péninsule ukrainienne a été visée par une attaque de drones, mardi. La seconde en quelques semaines. La Russie a annexé la Crimée en 2014 et y base sa flotte de la mer Noire. Kiev ambitionne de la reconquérir et ne cesse de récupérer des territoires dans la région voisine de Kherson.

Ailleurs sur le front, Ukrainiens et Russes se sont affrontés mardi sur la pointe de Kinbourne, bout de terre niché à la pointe de la rive gauche du Dniepr dans le sud de l’Ukraine, au sud de Mikolaïv, selon les autorités ukrainiennes.

Enfin, à Bakhmout, le groupe paramilitaire russe Wagner ne désarme pas « en dépit de toute logique militaire », selon nos collègues de France Info. La ville située au nord de Donetsk, vidée de la majeure partie de ses habitants, est aujourd’hui détruite à 60 %, selon le gouverneur régional, Pavlo Kirilenko. Là, Wagner aurait recruté « à tour de bras dans les prisons, en faisant miroiter des amnisties et des paies élevées ». « Ils sont utilisés comme de la chair à canon », explique Dimitri Minic, chercheur à l’Institut français des relations internationales. Reste que « l’acharnement de Wagner semble vain » et que la prise de Bakhmout ne changerait rien à la situation opérationnelle dans la région, selon les experts : « Sa prise serait simplement un trou d’épingle dans le dispositif ukrainien. »

Compter les morts et les victimes du froid

Carte de l'Ukraine montrant les victimes civiles enregistrées par l'ONG Acled depuis le début du conflit le 24 février.
Carte de l'Ukraine montrant les victimes civiles enregistrées par l'ONG Acled depuis le début du conflit le 24 février. - Jean-Michel CORNU, Sophie STUBER / AFP

Il y a les victimes civiles, certes. Leur nombre augmente depuis le 24 février et le début de ce que Moscou appelle encore son « opération militaire spéciale » en Ukraine. Et, ce vendredi, les patients des hôpitaux de Kherson étaient encore évacués en raison de frappes russes « constantes », selon le gouverneur. La veille, au moins 11 personnes avaient été tuées et 50 blessées dans un bombardement russe sur Kherson. Mercredi, trois autres avaient été tuées et six autres blessées à Kiev. Le même jour, à Zaporojie, les services d’urgence ukrainiens avaient annoncé la mort d’un nouveau-né, tué par une frappe russe sur une maternité.

Et puis il y a ces millions Ukrainiens, dont près de la moitié des habitants de Kiev, toujours privés de courant depuis de jours voire des semaines, par des températures devenues hivernales. Dans son appartement de Kiev, où le gaz pour la cuisine et le chauffage a été débranché, Albina Bilogoub a expliqué que ses enfants dormaient désormais tous dans une seule pièce pour se tenir chaud : « C’est notre vie. Un pull, puis un deuxième, un troisième. Nous vivons comme ça maintenant. » 


Cette stratégie de Moscou de bombarder les infrastructures énergétiques, menée depuis octobre sur fond de revers militaires, a été dénoncée cette semaine comme un « crime contre l’humanité » par Volodymyr Zelensky. En visite en Ukraine vendredi, le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly a d’ailleurs annoncé de nouvelles aides humanitaires aux Ukrainiens en souffrance, notamment des ambulances et un « soutien » aux « survivantes des violences sexuelles perpétrées par l’armée russe ».

Menacer si les prix du pétrole sont plafonnés

Evolution des exportations de pétrole russe par la mer, avant l'entrée en vigueur le 5 décembre de l'embargo mis en place par l'Union européenne.
Evolution des exportations de pétrole russe par la mer, avant l'entrée en vigueur le 5 décembre de l'embargo mis en place par l'Union européenne. - Anibal MAIZ CACERES, Julia Han JANICKI / AFP

En milieu de semaine, Vladimir Poutine a mis en garde contre de « graves conséquences » en cas de plafonnement du prix du pétrole russe, alors que les pays favorables à une telle mesure doivent bientôt annoncer leur décision. « De telles actions vont à l’encontre des principes des relations commerciales et vont très probablement aboutir à de graves conséquences pour le marché énergétique mondial », a déclaré le président russe, lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre irakien, Mohamed Chia al-Soudani, selon un communiqué du Kremlin.

La coalition des Etats, qui regroupe le G7, l’Union européenne et l’Australie, a en effet fait savoir qu’elle souhaitait imposer un plafonnement du prix du pétrole russe et qu’elle annoncerait la limite envisagée « dans les prochains jours ». L’objectif est d’arriver à un prix maximal pour les hydrocarbures russes qui puisse être mis en place avant l’entrée en vigueur de nouvelles sanctions européennes, prévues à partir du 5 décembre.

Plafonner le prix du pétrole vendu par la Russie doit permettre de réduire ses ressources financières et ainsi sa capacité à poursuivre l’offensive en Ukraine, mais également de contenir la hausse des prix de l’énergie. Ce prix doit cependant rester supérieur au prix de production, pour inciter la Russie à continuer à en vendre.

Couper les vannes des centrales

Carte localisant les centrales nucléaires d'Ukraine, dont les trois centrales déconnectées du réseau après des frappes russes, le 23 novembre.
Carte localisant les centrales nucléaires d'Ukraine, dont les trois centrales déconnectées du réseau après des frappes russes, le 23 novembre. - Jean-Michel CORNU, Sophie STUBER / AFP

Les trois centrales nucléaires de Khmelnytsky et Rivné (Ouest) et de celle de Pivdennooukraïnsk (Sud) ont été déconnectées mercredi par le système de protection automatique à la suite des frappes russes ayant touché nombre d’installations électriques ukrainiennes. Les trois centrales sous contrôle de Kiev, que l’on peut voir sur la carte ci-dessus, ont pu être reconnectées au réseau électrique dès jeudi, a annoncé jeudi le ministère de l’Energie sur Telegram précisant que ces installations devraient commencer à livrer de l’électricité d’ici « ce soir ».

Dans l’ensemble du pays, « la situation est généralement difficile » mais dans certaines régions, « l’approvisionnement en électricité a déjà augmenté », a assuré ce vendredi le ministre Guerman Galouchtchenko cité dans le communiqué de son ministère. Selon lui, les « infrastructures critiques à travers le pays » ont pu être reconnectées au réseau électrique.