Guerre en Ukraine : Les mercenaires de Wagner érigent des « dents de dragon » pour ralentir Kiev

Émail défensif La « ligne Wagner » ambitionne de contrer les blindés ukrainiens avec des blocs de bétons pyramidaux

D.R. avec AFP
— 
Le groupe paramilitaire Wagner a entamé la construction d'une ligne fortifiée de défense dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine. (Capture d'écran Twitter)
Le groupe paramilitaire Wagner a entamé la construction d'une ligne fortifiée de défense dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine. (Capture d'écran Twitter) — @KyleWOrton/Twitter

Des blocs de ciment blancs et pyramidaux à perte de vue pour freiner les troupes ukrainiennes. C’est du moins l’objectif. Le groupe paramilitaire Wagner a entamé la construction d’une ligne fortifiée de défense dans la région de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine. Patiemment depuis une dizaine de jours, les mercenaires installent ces « dents de dragon ». Deux rangées sont disposées côte à côte et complétées par une tranchée sur des centaines de mètres.

« Un complexe de fortifications est en cours de construction sur la ligne de contact, communément appelée la "ligne Wagner" », avait annoncé le patron de Wagner, Evguéni Prigojine, le 19 octobre dernier. D’après ce proche de Vladimir Poutine, cette ligne de défense ne devrait pas être « nécessaire » face à l’armée ukrainienne, « la simple présence des unités Wagner sur la ligne de front étant déjà un mur imprenable », selon lui.

Une ambition de 200 kilomètres

En effet, la ligne Wagner est une solution de dernier recours. De premiers tronçons peuvent être observés grâce aux images satellites près du village d’Hirske dans la région de Louhansk ou encore dans la région de Donetsk près d’Artemivsk, bien loin de la ligne de front. D’après Evguéni Prigojine « il s’agit d’une défense à plusieurs niveaux ».

Il n’a toutefois pas donné de précisions sur la longueur de cette ligne, sur son emplacement exact ou le temps que pourraient prendre les travaux. Mais d’après nos confrères de France Info, le groupe paramilitaire ambitionne d’ériger ces fortifications sur 200 kilomètres. Seuls deux kilomètres seraient terminés, d’après un message Telegram du gouverneur ukrainien de la région de Louhansk.

Un tracé pessimiste pour Moscou

Pour l’instant, le projet est loin d’une ligne Maginot du XXIe siècle. L’agence de presse russe RIA FAN, qui appartient à Evgueni Prigojine, le chef de Wagner, a publié une carte de ce projet. On peut voir que les fortifications ont pour ambition de couper la région de Louhansk en deux et ne protège pas la ville de Severodonetsk (Северодонецк, en haut à gauche, juste au-dessus du tracé).


Si le groupe Wagner affirme que cette protection ne sera pas utile, cette ligne pourrait signer la fébrilité de Moscou. Bien avancée dans les territoires occupés, la « ligne Wagner » semble prédire la prochaine ligne de front. Une séparation qui s’avère bien plus proche du découpage opéré en 2014 entre les territoires prorusses et l’Ukraine, que les nouvelles régions annexées par des référendums contestés fin septembre.