Prix Nobel de la paix : Une ONG enquêtant sur les crimes de guerre, première lauréate ukrainienne

Peace Le Centre des libertés civiques est devenu le premier vainqueur ukrainien du Nobel de la paix

20 Minutes avec AFP
— 
Des chars russes détruits lors des combats, à Kiev.
Des chars russes détruits lors des combats, à Kiev. — David Goldman/AP/SIPA

Le symbole se veut fort. Le Centre des libertés civiques (CCL), une ONG documentant les crimes de guerre imputés aux troupes russes, est devenu le premier Nobel de la paix ukrainien, récompensé aux côtés de représentants des sociétés civiles russe et biélorusse. La décision du comité Nobel norvégien a provoqué le choc et la joie parmi les membres du CCL, organisation réputée mais peu connue du grand public.

« Lorsque nous avons appris la nouvelle, nous avons été stupéfaits », a déclaré aux médias la porte-parole du Centre des libertés civiques, Anna Trouchova. « Nous considérons ce prix comme une reconnaissance de notre activité. »

Fondée en 2007, l’organisation est dirigée par la défenseure des droits humains Olexandra Matviïtchouk. Elle « rassemble autour d’elle des gens incroyables et fait un travail immense en matière de droits de l’homme », a déclaré à l’AFP Alissa Malytska, membre du conseil d’administration de l’ONG.



Documenter, aider et dénoncer

Le Centre des libertés civiques s’est fait connaître après l’annexion en 2014 par la Russie de la péninsule de Crimée. L’ONG a lancé une campagne internationale réclamant la libération de prisonniers ukrainiens victimes de détentions arbitraires par les Russes et les séparatistes.

Après le début de l’invasion russe en février, le CCL a commencé la documentation de crimes de guerre imputés aux troupes russes par Kiev. Il a notamment envoyé des groupes mobiles sur les lieux de crimes, tout en œuvrant pour faciliter le retour en Ukraine de « dizaines de milliers » d’Ukrainiens contraints de quitter la zone de guerre vers la Russie. « Nous avons déjà enregistré plus de 20.000 crimes », a indiqué Anna Trouchova.