Guerre en Ukraine : Annexion, mobilisation… Une semaine de tensions en quatre infographies

RECAP' « 20 Minutes » vous résume les enjeux et l’avancée du conflit entre Kiev et Moscou en infographies

M.P. avec AFP
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Infographie représentant les effectifs militarires russes déployés en Ukraine, les réservistes prochainement mobilisés ainsi que les pertes militaires russes selon la Russie et selon l'Ukraine.
Infographie représentant les effectifs militarires russes déployés en Ukraine, les réservistes prochainement mobilisés ainsi que les pertes militaires russes selon la Russie et selon l'Ukraine. — Sophie RAMIS, Pierre HARDY / AFP
  • Des référendums d’annexion par la Russie ont débuté ce vendredi dans des régions d’Ukraine contrôlées entièrement ou en partie par Moscou, des scrutins qualifiés de « simulacres » par Kiev et les Occidentaux et qui marquent une escalade majeure du conflit.
  • Et alors que Vladimir Poutine faisait jeudi une déclaration tonitruante à la télévision russe, les dirigeants de la planète se succédaient depuis mardi à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU pour dire tout le mal qu’ils pensaient de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
  • Comme chaque vendredi, « 20 Minutes » revient sur les éléments clefs de la guerre en Ukraine et les grands tournants de la semaine en infographies.

Après près de huit mois d' « opération militaire spéciale » en Ukraine menée par la Russie, le conflit est à un tournant. La prise de parole officielle de Vladimir Poutine ce mercredi annonçant la mobilisation partielle de 300.000 réservistes et accusant l’Occident de vouloir « détruire » la Russie a marqué la montée en puissance des tensions. L’organisation des « référendums » d’annexion des régions ukrainiennes occupées par l’armée russe, à savoir Lougansk, Donetsk, Kherson et Zaporojie, annoncée mardi, constitue également une escalade du conflit, d’autant que Vladimir Poutine a agité en plus la menace de frappes nucléaires pour défendre ce qu’il considère comme étant son territoire. Parallèlement, la Russie s’est aussi retrouvée sur le banc des accusés au Conseil de sécurité de l’ONU, où le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a mené la charge jeudi, lors d’une réunion à laquelle participait son homologue russe Sergueï Lavrov.

Voici un point en quatre infographies sur cette semaine de tensions, se terminant ce vendredi, 212e jour de conflit, sur les accusations de l’ONU. Loin de la prudence de parole habituelle, des enquêteurs de l’organisation ont accusé Moscou d’avoir commis un « nombre considérable » de crimes de guerre dans les premières semaines suivant l’invasion russe.

La contre-offensive ukrainienne se poursuit

Evolution de la superficie du territoire ukrainien de 2013 sous contrôle ukrainien ou sos contrôle des forces russes et pro-russes, depuis le début du conflit le 24 février 2022
Evolution de la superficie du territoire ukrainien de 2013 sous contrôle ukrainien ou sos contrôle des forces russes et pro-russes, depuis le début du conflit le 24 février 2022 - Laurence SAUBADU, Frédéric BOURGEAIS, Patricio ARANA, Valentin RAKOVSKY / AFP

Après la contre-offensive ukrainienne fulgurante de début septembre, reprenant la région de Kharkiv, dans le nord-est, et que Kiev a poursuivi vers Lougansk, Donetsk et Kherson, Kiev a revendiqué de nouvelles avancées de son armée dans l’est du pays ce vendredi.

L’Ukraine a annoncé la prise de Iatskivka sur la rive orientale de la rivière Oskil dans la région de Donetsk (est). Cette victoire semble confirmer la poursuite d’une contre-offensive qui a déjà permis à Kiev de reprendre plusieurs milliers de kilomètres carrés dans la région voisine de Kharkiv, comme le montre cette infographie. Et « les Ukrainiens ont également restauré leur contrôle sur des positions au sud de Bakhmout », ville clé dans la région de Donetsk visée depuis des semaines par des attaques russes, a précisé à la télévision Oleksiï Gromov, un responsable de l’état-major militaire ukrainien.

Enfin, dans la région de Lougansk, Andreï Marotchko, représentant des militaires prorusses, a fait état cette semaine de bombardements ukrainiens, constatant que les forces de Kiev « veulent tout faire pour faire dérailler le référendum ».

L’armée russe table sur ses réservistes

Infographie représentant les effectifs militarires russes déployés en Ukraine, les réservistes prochainement mobilisés ainsi que les pertes militaires russes selon la Russie et selon l'Ukraine.
Infographie représentant les effectifs militarires russes déployés en Ukraine, les réservistes prochainement mobilisés ainsi que les pertes militaires russes selon la Russie et selon l'Ukraine. - Sophie RAMIS, Pierre HARDY / AFP

« Ce n’est pas du bluff. » Vladimir Poutine a voulu frapper les esprits lors d’une intervention télévisée diffusée mercredi matin. Obligé de reculer face aux contre-offensives ukrainiennes, le président russe a choisi de miser sur une escalade du conflit en agitant la force nucléaire mais aussi en annonçant la signature d’un décret autorisation une « mobilisation partielle » de la population.

Cette annonce vient s’ajouter au décret signé le 25 août dernier visant à augmenter de 10 % le nombre de militaires dans l’armée russe au 1er janvier 2023. Ainsi, 300.000 réservistes sont appelés sous les drapeaux selon Sergueï Choïgou, ministre russe de la Défense. Un volume supplémentaire énorme pour les troupes de Moscou qui interroge. Dans la foulée de cette annonce, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté jeudi les Russies à « protester » contre cette mobilisation. « 55.000 soldats russes ont été tués dans cette guerre en six mois (…) Vous en voulez davantage ? Non ? Alors protestez ! Luttez ! Fuyez ! Ou rendez-vous à l’armée ukrainienne, a-t-il lancé en russe dans son adresse vidéo traditionnelle. Ce sont vos options pour survivre. »

Des « référendums » d’annexion sans concession

Carte montrant les régions dans lesquelles Moscou organise des référendums du 23 au 27 septembre.
Carte montrant les régions dans lesquelles Moscou organise des référendums du 23 au 27 septembre. - Sophie RAMIS, Emmanuelle MICHEL / AFP

Des « référendums » d’annexion par la Russie ont débuté vendredi dans des régions d’Ukraine contrôlées entièrement ou en partie par Moscou, des scrutins qualifiés de « simulacres » par Kiev et les Occidentaux. Les votes, qui ont débuté à 7 heures, s’achèveront le 27 septembre dans les régions séparatistes de Donetsk et Lougansk (est), et dans des zones sous occupation russe dans les régions de Kherson et Zaporojie (sud).

Le scrutin, annoncé dans l’urgence cette semaine sur fond de succès militaires ukrainiens, se fait notamment par porte-à-porte, les responsables prorusses allant dans les immeubles avec des urnes mobiles pour faire voter la population, selon des images de médias russes. Les autorités ont affirmé qu’il s’agissait d’une mesure de sécurité.

Organisés à la hâte, ces référendums ont été dénoncés par le gouvernement ukrainien et ses soutiens occidentaux, Moscou voulant faire main basse sur des pans entiers de l’Ukraine, à l’image de la péninsule de Crimée (sud) en 2014. Même la Chine, partenaire le plus proche de Moscou, a appelé au respect de l’intégrité territoriale.

Un « hiver de grogne mondiale » à l’horizon

Graphique montrant l'augmentation du prix des légumes en Europe en raison notamment de la guerre en Ukraine, qui perturbe les marchés mondiaux et l'approvisionnement
Graphique montrant l'augmentation du prix des légumes en Europe en raison notamment de la guerre en Ukraine, qui perturbe les marchés mondiaux et l'approvisionnement - Laurence SAUBADU, Julia Han JANICKI, Pierre HARDY / AFP

Les prix du pain, de l’énergie ou des légumes augmentent…. explosent. Et mardi, le secrétaire général de l’ONU, Antonion Guterres, a mis en garde devant des dirigeants du monde entier contre le risque d'« un hiver de grogne mondiale » en raison des multiples crises qui frappent l’humanité, notamment la guerre en Ukraine. Américains et Européens ont organisé mardi une réunion ministérielle sur la sécurité alimentaire, conséquence de cette guerre dont souffre toute la planète. Et après le secrétaire général, pendant plusieurs jours, des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier ont pris la parole lors de cette 77e Assemblée générale de l’ONU, grand-messe diplomatique annuelle.

L’Ukraine est restée au cœur des débats, avec notamment une intervention mercredi du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Avant qu’Antonio Guterres ne reprenne la parole jeudi pour appeler à enquêter sur le « catalogue de cruautés » qui ont lieu en Ukraine et les ministres des Affaires étrangères du Conseil de sécurité de l’ONU n’exigent le lendemain que la Russie rende des comptes pour son invasion de l’Ukraine, devant leur homologue russe. Un Sergueï Lavrov qui les a globalement snobés.