Guerre en Ukraine : Nouveau procès pour la journaliste Marina Ovsyannikova qui avait interrompu un JT pro-Kremlin

JUSTICE Marina Ovsyannikova doit faire face aux représailles judiciaires du pouvoir russe après avoir manifesté son opposition à la guerre en Ukraine

20 Minutes avec AFP
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Marina Ovsyannikova doit être jugée une nouvelle fois ce lundi 8 août à Moscou.
Marina Ovsyannikova doit être jugée une nouvelle fois ce lundi 8 août à Moscou. — ALEXANDER NEMENOV / AFP

Les représailles judiciaires n’en finissent plus pour la journaliste russe Marina Ovsyannikova. Depuis son retour à Moscou, la jeune femme subit les intimidations du pouvoir et redouble d’efforts, face aux critiques, pour prouver la sincérité de son opposition au conflit en Ukraine. Ce lundi, elle doit être une nouvelle fois jugée pour « discréditation » de l’armée.

Le 14 mars, elle a interrompu en direct le journal de la première chaîne russe où elle travaillait, Pervy Kanal, avec une pancarte contre l’offensive lancée par Vladimir Poutine. Un geste qui a fait le tour du monde et changé sa vie. Après ce coup d’éclat, elle avait annoncé qu’elle resterait en Russie, mais avait finalement rejoint pour trois mois le média Die Welt en Allemagne.

Un retour en Russie contraint

Pendant son absence, son ex-mari, un employé de la chaîne pro-Kremlin RT, l’a poursuivie en justice pour la priver de la garde de ses deux enfants et l’empêcher de les emmener à l’étranger. Par conséquent, Marina Ovsiannikova, 44 ans, affirme à l’AFP avoir pris « la difficile décision » de rentrer en Russie début juillet. Celle qui a vécu confortablement en travaillant 19 ans pour la télévision d’Etat est maintenant l’une des dernières voix en Russie à condamner bruyamment le conflit en Ukraine. Les autres détracteurs influents sont emprisonnés, font profil bas, ou sont en exil.

Depuis son retour d’exil, elle est venue soutenir au tribunal l’opposant emprisonné Ilia Iachine, a manifesté non loin du Kremlin avec une pancarte traitant Poutine de « tueur », et publie régulièrement en ligne des messages dénonçant le pouvoir. Malgré les risques, elle continue aussi de participer à des émissions d’actualité diffusées par des opposants russes sur les réseaux sociaux.

Déjà deux procès et une amende

En raison de ses critiques, elle a été brièvement arrêtée mi-juillet par la police près de sa maison et condamnée à des amendes lors de deux procès pour des déclarations contre l’offensive en Ukraine. En outre, Marina Ovsiannikova subit toujours l’hostilité d’une partie de l’opposition russe et d’Ukrainiens qui lui reprochent d’avoir été une « propagandiste », et celle des pro-Kremlin qui la considèrent comme une traîtresse.

Reste à savoir si son militantisme lui vaudra d’être poursuivie pénalement pour « diffusion de fausses informations » sur l’armée, un crime passible de 15 ans de prison. Des dizaines de personnes sont déjà poursuivies en Russie pour ce motif. Sur ce point, elle est partagée entre espoir et fatalisme. Selon elle, le pouvoir pourrait être réticent pour ne pas donner plus d’écho à sa célèbre protestation à la télévision, et car elle dit avoir « un soutien international solide ».