Ukraine : L’Allemagne refuse d’envoyer des armes, mais va faire livrer 5.000 casques

« DIPLOMATIE » « C’est une blague absolue », a déclaré le maire de Kiev à propos de cette livraison

20 Minutes avec agences
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Un membre de la Légion ukrainienne, lors d'un exercice d'entraînement à l'extérieur de Kiev, en Ukraine, le 15 janvier 2022.
Un membre de la Légion ukrainienne, lors d'un exercice d'entraînement à l'extérieur de Kiev, en Ukraine, le 15 janvier 2022. — Wolfgang Schwan/Shutterstock/SIPA

Malgré la menace russe, l’Allemagne se refuse toujours à livrer des armes à l’Ukraine. Mais le gouvernement a annoncé mercredi qu’il allait fournir 5.000 casques militaires, s’attirant critiques et moqueries en Ukraine et dans les rangs de l’opposition.

« C’est de l’équipement, ce ne sont pas des armes », a déclaré la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht. « Mais cela aide, cela apporte un soutien. Et c’est exactement comme ça que nous allons continuer à travailler dans ce conflit. […] C’est un signal très clair : nous sommes à vos côtés. »

Une livraison « cynique » et « gênante », selon l’opposition

Cette annonce a immédiatement suscité sarcasmes et critiques. « C’est une blague absolue », a réagi le maire de Kiev, interrogé par Bild. « Qu’est-ce que l’Allemagne va envoyer ensuite en soutien ? Des oreillers ? Le comportement du gouvernement fédéral allemand laisse sans voix. »

L’ambassadeur ukrainien en Allemagne a aussi réagi, estimant que cette annonce ne changeait rien à la question du besoin d’armes dans son pays. « Ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, ce n’est même pas un lot de consolation », a-t-il déclaré. Idem du côté de l’opposition au gouvernement, qui a qualifié l’annonce de « cynique » et « gênante ».

Le gouvernement allemand est très critiqué depuis le début de la crise ukrainienne pour le flou de ses prises de position. Il est soupçonné de vouloir ménager la Russie, avec laquelle il mène l’important chantier du gazoduc Nord Stream 2. Le Chancelier Olaf Scholz a rappelé mardi que l’Allemagne refusait de livrer des armes par principe, un choix notamment lié à sa responsabilité dans la Seconde Guerre mondiale.