Ukraine : 10.000 manifestants contre la « capitulation » autour des territoires pro-russes

TERRITOIRES SEPARATISTES Les manifestants refusent que les territoires séparatistes d’Ukraine, ouvertement pro-russes, gagnent encore plus d’autonomie

J.-L. D. avec AFP

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Des manifestants ukrainiens
Des manifestants ukrainiens — Genya SAVILOV / AFP

Près de 10.000 manifestants se sont réunis ce dimanche dans le centre de Kiev pour protester contre une autonomie accrue des territoires séparatistes pro- russes, qui pourrait être accordée dans le cadre des efforts de paix prônés par le président Volodymyr Zelensky.

Les protestataires se sont réunis sur la place du Maïdan à Kiev puis ont défilé en scandant « Non à la capitulation ! Non à l’amnistie ! » et tenant des pancartes « La guerre continue » ou scandant des slogans hostiles à Volodymyr Zelensky.

L’ex-président Petro Porochenko présent à la manifestation

« Nous voulons tous la paix, mais paix et capitulation sont deux choses différentes. Les gens ne sont pas morts pour ça », a affirmé Mykola, un manifestant qui a combattu contre les séparatistes dans l’Est entre 2014 et 2015. « Nous nous réservons le droit de continuer la lutte. S’il y a demain un ordre de se retirer (pour l’armée ukrainienne) (…) nous pourrons investir ces positions », a pour sa part averti l’un des commandants du bataillon de volontaires Aïdar, une unité controversée et accusée de crimes de guerre par Amnesty International.

Présent lors du rassemblement, l’ex-président Petro Porochenko, partisan d’une ligne dure face à Moscou, a assuré aux manifestants qu’ils faisaient « tout comme il faut » et les a remerciés.

Une reprise du dialogue avec les Russes

Au point mort depuis des années, le processus de paix dans l’est de l’Ukraine, où forces ukrainiennes et pro russes s’opposent dans une guerre qui a fait près de 13.000 morts depuis 2014, a connu ces derniers mois de timides avancées.

L’élection en avril de Volodymyr Zelensky, un acteur novice en politique, à la présidence, a permis une reprise du dialogue avec la Russie, qui a débouché en septembre sur un important échange de prisonniers.

Le statut des territoires rebelles redébattu ?

Nouveau petit pas en avant, une délégation ukrainienne a paraphé mardi un document traitant de l’autonomie future des régions rebelles, un sujet explosif en Ukraine et considéré comme une concession inacceptable notamment par les nationalistes et les organisations paramilitaires.

Le conflit dans l’Est de l’Ukraine est en grande partie gelé depuis la signature d’accords de paix à Minsk en 2015, malgré des flambées de violences sporadiques. Le volet politique de ces accords, qui comprend notamment un statut spécial pour les territoires rebelles, n’a jamais été appliqué.

Ce statut spécial pourrait faire l’objet de négociations lors d’un prochain sommet entre les présidents ukrainien et russe, sous la médiation de Paris et Berlin. Aucune date pour ce sommet, attendu depuis septembre, n’a été annoncée.