Crash du MH17 : Un « suspect-clé » remis en liberté conditionnelle par l’Ukraine

ECHANGE L'homme a été libéré au tribunal, en présence de médias

20 Minutes avec AFP

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Une partie du missile BUK, lancé sur le MH17.
Une partie du missile BUK, lancé sur le MH17. — Robin van Lonkhuijsen / ANP / AFP

Un tribunal de Kiev a remis ce jeudi en liberté conditionnelle un « suspect » dans l’enquête sur la catastrophe du vol MH17, alors que cet homme pourrait selon des médias être livré à Moscou lors d’un prochain échange de prisonniers.

En présence des médias, le magistrat Iouri Slyva a ordonné jeudi de « libérer immédiatement Tsemakh Volodymyr Borysovytch dans la salle de tribunal ». En échange, ce dernier a dû s’engager à ne pas s’enfuir et à se présenter au tribunal dans le cadre de son procès pour terrorisme​, qui se poursuit.

Un avion touché en plein vol

Ancien responsable de la « défense antiaérienne » des séparatistes de l’est de l’Ukraine, Tsemakh Volodymyr Borysovytch est considéré comme un « suspect clé » dans l’affaire du MH17 abattu en 2014 par un missile russe au-dessus de l’Ukraine, selon une lettre publiée mercredi et signée par 40 députés européens. Ces 40 députés avaient appelé dans cette même lettre le président ukrainien Volodymyr Zelensky à ne pas livrer l’homme à la Russie. Mardi, les enquêteurs néerlandais du crash avaient déjà déclaré souhaiter que ce prisonnier reste en Ukraine pour être interrogé.

Capturé en juin par les services secrets ukrainiens à son domicile dans le territoire séparatiste, il a été secrètement transféré à Kiev et y est jugé depuis pour « participation à une organisation terroriste », expression utilisée par l’Ukraine pour qualifier les activités militaires des séparatistes. Selon des médias russes et ukrainiens, le cas Tsemakh bloquait un échange de prisonniers négocié depuis des semaines entre Moscou et Kiev, le Kremlin exigeant qu’il soit livré.

Le Boeing de la compagnie Malaysia Airlines, parti d’Amsterdam pour Kuala Lumpur le 17 juillet 2014, avait été touché en plein vol au-dessus de la zone de guerre avec les séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine. Les 298 personnes à son bord avaient péri. Les enquêteurs internationaux ont établi que l’avion avait été abattu par un missile BUK, provenant de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk, dans le sud-ouest de la Russie.