Détenue par la Russie, une pilote urkainienne en grève de la faim et de la soif

CONFLIT Jugée en Russie pour avoir communiqué la position de deux journalistes russes à des mortiers ukrainiens, Nadia Savtchenko a entamé une grève de la faim pour protester contre la suspension de son procès…

20 Minutes avec AFP

— 

Nadia Savtchenko, lors de son procès à Donetsk le 29 septembre 2015.
Nadia Savtchenko, lors de son procès à Donetsk le 29 septembre 2015. — SERGEI VENYAVSKY / AFP

C’est l’ultime moyen de protestation. La pilote d’hélicoptère militaire ukrainienne, Nadia Savtchenko, contre qui le parquet russe a requis 23 ans de prison pour le meurtre de deux journalistes dans l’est séparatiste de l’Ukraine, a entamé une grève de la faim et de la soif, a annoncé ce jeudi son avocat. "Le parquet russe a annoncé subitement le report du procès au 9 mars et n’a pas donné à Nadia Savtchenko le droit à une ultime déclaration. […] En protestation, elle a annoncé à partir d’aujourd’hui une grève de la faim et de la soif", a indiqué Me Nikolaï Polossov.

"Demain matin, nous irons la voir en détention et nous ferons tout pour la persuader de ne pas le faire, parce qu’une personne ne peut survivre" sans manger ni boire "que cinq jours au maximum", a poursuivi Nikolaï Polossov.

"Nadia Savtchenko est une femme de parole et si elle a promis quelque chose, elle tiendra sa promesse", a-t-il ajouté. Il redoute surtout que la jeune femme ne survive pas jusqu’au 9 mars, date de la reprise de son procès, au terme duquel elle doit prendre la parole une dernière fois, avant que le tribunal se retire pour délibérer.

Déjà une grève de la faim à son actif

Nadia Savtchenko avait déjà observé jusqu’en mars 2015 une grève de la faim de plus de 80 jours pour protester contre sa détention, mais c’est la première fois qu’elle se met également en grève de la soif. "C’est une personne émotive. Elle a eu une réaction pleine d’émotion parce qu’elle est toujours en détention et qu’il semble que ça ne finira jamais", a précisé un autre de ses avocats Mark Feïguine.

>> A lire aussi: L'Ukraine et les séparatistes prorusses échangent des prisonniers de guerre

Mercredi, le parquet russe a requis 23 ans de prison contre Nadia Savtchenko, jugée depuis l’été dernier par un tribunal de Donetsk, petite ville russe à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne. Elle comparaît pour avoir, selon l’accusation, transmis à l’armée ukrainienne la position de deux journalistes russes tués par un tir de mortier dans l’est de l’Ukraine à l’été 2014.

"Je suis innocente. Ma culpabilité n’a pas été prouvée et ne peut pas être prouvée", a répété la pilote lors de l’audience. "Vous ne m’avez pas brisée, et vous n’y arriverez jamais", a-t-elle aussi martelé mercredi.