La petite syrienne qui riait sous les bombes vit désormais en Turquie

ACCUEILLIE La fillette syrienne qui avait appris à rire des bombardements quotidiens dans la région d’Idleb a quitté la Syrie en guerre avec sa famille afin de démarrer une nouvelle vie en Turquie voisine

20 Minutes avec agences

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La petite Salwa et son père à Hatay, en Turquie, le 26 février.
La petite Salwa et son père à Hatay, en Turquie, le 26 février. — Reuters

Salwa, trois ans, et ses parents ont franchi la frontière entre la Syrie et la Turquie le 25 février à l’invitation d’Ankara, a indiqué son père ce mercredi. Une vidéo qui montrait Salwa rire aux éclats en réponse aux bruits sourds des explosions est devenue virale, le mois dernier sur les réseaux sociaux.

Elle témoigne du quotidien surréaliste et amer des habitants d’Idleb, province du nord-ouest ciblée par une offensive du régime de Bachar el-Assad depuis début décembre. Aujourd’hui, Abdallah al-Mohamed se dit ravi que Salwa puisse vivre une vie paisible, loin des « bruits insupportables ».

L’humour pour oublier

« Son avenir ici, quand elle sera scolarisée, sera sans conteste meilleur que si elle était restée dans une zone de guerre », explique le papa de 32 ans. Dans la vidéo, il demandait à Salwa, l’air amusé : « C’est un avion ou un obus ? », tandis qu’un bourdonnement de plus en plus fort se faisait entendre. « Un obus », répondait en souriant la fillette. « Quand il arrive, on va rire », expliquait-il.

Désormais, Abdallah al-Mohamed se dit soulagé de ne plus avoir à inventer des jeux pour masquer à sa fille l’horreur de la guerre qui ravage la Syrie depuis plus de neuf ans et a provoqué la mort de 380.000 personnes. L’offensive du régime sur Idleb, appuyée par des raids aériens de la Russie, a provoqué une catastrophe humanitaire et déplacé près d’un million de civils, parmi lesquels une majorité d’enfants, selon l’ONU.

Tristesse et amertume

Un grand nombre a trouvé refuge dans le nord de la province, le long de la frontière avec la Turquie, pays qui accueille déjà 3,6 millions de réfugiés syriens sur son sol et maintient sa frontière fermée. Le père de Salwa fait partie des rares Syriens à avoir pu la franchir, mais ne cache néanmoins pas son amertume.

« Je suis heureux que nous soyons en sécurité et que nous ayons échappé aux bombardements, mais je suis aussi triste et en colère d’avoir dû quitter mon pays », a-t-il expliqué. Originaires de la ville de Saraqeb, dans l’est d’Idleb, Abdallah al-Mohamed et sa famille avaient fui face à l’avancée des forces prorégime fin 2019 et trouvé refuge à Sarmada, une localité plus au nord.