Syrie : La Turquie menace de frapper les djihadistes à Idleb s’ils ne respectent pas le cessez-le-feu

CONFLIT L’intensification ces dernières semaines des bombardements à Idleb a donné lieu à de vifs échanges entre Ankara et Moscou

20 Minutes avec AFP

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Idleb, en septembre de 2019 .(archives)
Idleb, en septembre de 2019 .(archives) — ZEIN AL RIFAI / AFP

La situation est tendue en Syrie. La Turquie a menacé ce jeudi de frapper les djihadistes à Idleb s’ils ne respectent pas un cessez-le-feu censé mettre fin aux combats dans cette province rebelle.

« La force sera utilisée à Idleb contre ceux qui ne respectent pas le cessez-le-feu, y compris les radicaux », a déclaré le ministre turc de la Défense Hulusi Akar, cité par l’agence de presse étatique Anadolu. « Nous allons envoyer des unités supplémentaires pour rétablir le cessez-le-feu et nous assurer qu’il va perdurer », a ajouté Hulusi Akar.

Aucun cessez-le-feu n’a tenu

La Turquie et la Russie, qui parrainent un processus censé mettre fin aux combats à Idleb, ont à maintes reprises annoncé la mise en place de cessez-le-feu dans cette province du nord-ouest de la Syrie, mais aucun n’a tenu.

En dépit d’un accord de désescalade entre Ankara et Moscou, le régime syrien mène depuis plusieurs mois une offensive, avec l’appui de l’aviation russe, dans la province d’Idleb contrôlée par des groupes rebelles et des djihadistes, notamment l’ex-branche d’al-Qaïda en Syrie.

Passe d’armes entre Ankara et Moscou

L’intensification ces dernières semaines des bombardements à Idleb a donné lieu mercredi à des échanges acrimonieux entre Ankara, qui soutient des groupes rebelles, et Moscou, allié du président syrien Bachar al-Assad.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a ainsi accusé Moscou de prendre part au « massacre » de civils au côté des forces du régime à Idleb. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a riposté en accusant la Turquie de ne rien faire pour « neutraliser les terroristes à Idleb », une situation qu’il a jugée « inacceptable ».

Ankara est préoccupée par la situation à Idleb en raison de sa proximité avec la frontière turque, redoutant que l’offensive du régime syrien ne provoque un nouvel afflux de réfugiés vers la Turquie, qui accueille déjà 3,7 millions de Syriens.

Soutien des Etats-Unis

Alors que la crise d’Idleb tend les relations entre la Turquie et la Russie, les Etats-Unis ont apporté un franc soutien aux autorités turques. Le représentant spécial des Etats-Unis pour la Syrie, James Jeffrey, s’est entretenu mercredi avec plusieurs responsables turcs à Ankara. Dans des déclarations diffusées jeudi par l’ambassade des Etats-Unis à Ankara sur son compte Twitter, il a affirmé que Washington était « en total accord avec la Turquie » au sujet de sa présence en Syrie « pour défendre ses intérêts vitaux face à l’afflux de réfugiés et pour lutter contre le terrorisme ».

« Nous comprenons et soutenons les préoccupations turques légitimes justifiant la présence des forces turques en Syrie et notamment à Idleb », a-t-il ajouté en s’en prenant au « régime du président Assad auteur de crimes de guerre ». Il a en outre affirmé que le régime syrien et ses alliés russe et iranien devraient réaliser qu’ils « ne pourront pas enregistrer une victoire militaire » en Syrie. « Quand la Russie, l’Iran et Assad vont constater qu’ils ne pourront pas progresser davantage sans entrer en conflit avec nous ou avec la Turquie, ils réaliseront qu’il est temps de revenir à la table de négociations à Genève pour résoudre ce conflit par les moyens diplomatiques », a-t-il dit.