Syrie: Damas conclut un accord avec les Kurdes et envoie des troupes dans le Nord face à l'offensive turque

CONFLIT Damas refuse toute autonomie aux Kurdes en Syrie

20 Minutes avec AFP

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Des soldats soutenus par l'armée turque à Tal Abyad, en Syrie, le 13 octobre 2019.
Des soldats soutenus par l'armée turque à Tal Abyad, en Syrie, le 13 octobre 2019. — Lefteris Pitarakis/AP/SIPA

Les Kurdes syriens, lâchés par Washington, ont annoncé dimanche soir avoir conclu un accord avec Damas pour le déploiement de l’armée syrienne près de la frontière turque, au cinquième jour de l’offensive d’Ankara contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie.

L’offensive de la Turquie, lancée il y a cinq jours à la faveur d’un retrait américain et malgré de vives critiques internationales, vise à instaurer une « zone de sécurité » de 32 km de profondeur pour séparer sa frontière des territoires contrôlés par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qualifiée de « terroriste » par Ankara. Cette « zone » serait susceptible d’accueillir une partie des 3,6 millions de Syriens actuellement réfugiés en Turquie, un des nombreuses conséquences du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.

Dimanche, le régime de Bachar al-Assad, qui entretient des rapports tendus avec la minorité kurde mais a dénoncé l’opération d’Ankara, a annoncé l’envoi de troupes dans le nord pour « affronter » l'« agression » turque. Peu après, les Kurdes, qui ont instauré ces dernières années une autonomie de facto sur de vastes régions du nord et du nord-est syrien, ont dit avoir conclu un accord avec Damas pour un déploiement de l’armée syrienne près de la frontière « en soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS) », dominées par les YPG.

Au moins 26 civils tués selon l’OSDH

Partenaires de longue date des Occidentaux dans la lutte contre Daesh, les FDS ont accusé l’Amérique de Donald Trump de les avoir abandonnées en retirant lundi dernier des soldats de zones frontalières puis en annonçant ce dimanche le retrait de près de 1.000 soldats du nord syrien.

Les combats et les bombardements turcs ou de leurs supplétifs ont été violents dimanche, tuant au moins 26 civils selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Parmi ces victimes, au moins dix ont péri dans un raid de l’aviation turque à Ras al-Aïn contre un convoi comprenant des journalistes, selon l’OSDH. L’ONG a rapporté la mort « d’un journaliste », sans être en mesure de donner son identité. L’agence locale kurde Anha a ensuite rapporté la mort de son correspondant.

Donald Trump a ordonné « un retrait délibéré des forces américaines » du nord syrien, a déclaré le chef du Pentagone Mark Esper, qui a évoqué « moins » de 1.000 soldats concernés. « Nous n’avons pas abandonné les Kurdes », s’est-il défendu. Depuis mercredi, 104 combattants kurdes et plus de 60 civils ont été tués dans les violences, selon un dernier bilan de l’OSDH. Plus de 130.000 personnes ont été déplacées d’après l’ONU.