Syrie: Le régime aurait mené une nouvelle attaque chimique, d’après les Etats-Unis

GUERRE Le 19 mai, Bachar al-Assad aurait ordonné une attaque au chlore dans la province d’Idleb

20 Minutes avec AFP

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Le village dévasté de Taftanaz, près d'Idleb en Syrie. (illustration)
Le village dévasté de Taftanaz, près d'Idleb en Syrie. (illustration) — AP/SIPA

Les Etats-Unis ont fait état mardi d'« indications » selon lesquelles le régime de Bachar al-Assad aurait mené une nouvelle « attaque » chimique en Syrie, menaçant de représailles. Dans un communiqué, le département d’Etat américain évoque une « attaque présumée au chlore dans le nord-ouest de la Syrie au matin du 19 mai ».

« Nous sommes encore en train de recueillir des informations sur cet incident mais nous réitérons notre avertissement, si le régime Assad utilise des armes chimiques, les Etats-Unis et nos alliés répondront rapidement et de manière appropriée », a déclaré Morgan Ortagus, porte-parole de la diplomatie américaine.

Une « ligne rouge »

Le président américain Donald Trump a fait du recours à des armes chimiques une ligne rouge et a déjà ordonné à deux reprises des frappes contre des cibles du régime de Damas : en avril 2017 en représailles à une attaque meurtrière au gaz sarin à Khan Cheikhoun, et un an plus tard, avec la France et le Royaume-Uni, en réaction à une attaque chimique contre des civils à Douma. Le pouvoir syrien a démenti à chaque fois toute responsabilité.

Donald Trump, qui a limité son engagement dans ce pays en guerre depuis huit ans à la lutte antidjihadistes et a manifesté sa volonté d’en retirer les soldats américains, a fait une exception après l’attaque de Khan Cheikhoun. Celui qui brocardait les « lignes rouges » de son prédécesseur Barack Obama et estimait qu’une intervention contre le pouvoir de Damas nécessitait un vote du Congrès avait alors changé d’avis en frappant une base aérienne syrienne. Ces opérations sont toutefois restées strictement ciblées et ponctuelles.

La région d’Idleb sous les feux du régime et de la Russie

Selon la porte-parole du département d’Etat, cette nouvelle « attaque présumée » fait « partie de la campagne violente menée par le régime Assad qui viole un cessez-le-feu qui a protégé des millions de civils dans la province d’Idleb ». « Les attaques du régime contre les communautés du nord-ouest de la Syrie doivent cesser », a-t-elle affirmé.

Depuis fin avril, les forces syriennes et leurs alliés russes ont intensifié les attaques dans la province d’Idleb, zone pourtant dite « de désescalade » depuis septembre, faisant planer la crainte d’une offensive de grande ampleur pour reprendre le contrôle de cette dernière enclave tenue par des groupes djihadistes, dont Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaida).