Syrie: Au moins 33 combattants prorégime tués dans des attaques djihadistes ce dimanche

GUERRE Les attaques meurtrières continuent dans le Nord-Ouest syrien, malgré l’accord russo-turc conclu en septembre pour instaurer une « zone démilitarisée »

20 Minutes avec agences

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Un véhicule de la coalition internationale anti-Daesh en Syrie, le 5 juin 2018.
Un véhicule de la coalition internationale anti-Daesh en Syrie, le 5 juin 2018. — Delil souleiman / AFP

Ce dimanche a été la journée la plus meurtrière en six mois pour les forces loyalistes dans le Nord-Ouest syrien, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Au moins 33 combattants prorégime ont été tués dans plusieurs attaques jihadistes près de la province d’Idleb, a indiqué l’ONG.

Ces attaques ont eu lieu malgré un accord russo-turc conclu en septembre pour instaurer une « zone démilitarisée » entre les secteurs insurgés et les régions gouvernementales adjacentes, dans les régions d’Idleb, de Hama et d’Alep.

Cet accord a permis d’éviter une offensive d’envergure du régime syrien, mais il n'est que partiellement respecté. Le régime bombarde sporadiquement la région et les djihadistes refusent de se retirer de la zone de séparation et continuent de mener des combats meurtriers pour renforcer leur emprise sur ces territoires.

Des attaques liées au réseau Al-Qaida

Ce dimanche, à l’aube, un premier assaut a été mené dans le nord de la province de Hama par le groupe djihadiste Ansar al-Tawhid, lié au réseau Al-Qaïda, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Ces attaques ont tué 27 combattants prorégime, selon un bilan fourni par le directeur de l’organisation, Rami Abdel Rahmane, qui a précisé que six assaillants étaient également morts.

Citée par l’agence officielle Sana, une source militaire a confirmé ces attaques contre « des positions » de l’armée syrienne, sans fournir de bilan plus précis.

Damas réagit

Au cours de la soirée, dans la province voisine de Lattaquié, au moins six combattants prorégime ont été tués dans des attaques menées par un autre groupe djihadiste, a indiqué l’OSDH. Ces assauts ont été lancés par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), une organisation dominée par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaida.

Le ministère des Affaires étrangères de Damas a assuré dans un communiqué que la Syrie « ne permettra pas aux terroristes et ceux qui sont derrière eux de poursuivre leurs agressions contre les citoyens innocents et les forces armées ».

Plus de 360 000 morts depuis le début de la guerre en 2011

Du 23 au 26 février, des attaques djihadistes dans le Nord-Ouest syrien ont déjà tué 20 combattants prorégime malgré l’accord russo-turc, selon l’Observatoire. Depuis début février, les bombardements du régime ont poussé plus de 7 000 personnes à abandonner la ville de Khan Cheikhoun, dans le sud d’Idleb, pour trouver refuge plus au nord dans la province.

La guerre en Syrie a éclaté en 2011 après la répression par le régime de manifestations prodémocratie. Elle s’est complexifiée au fil des ans avec l’implication de groupes djihadistes et de puissances étrangères. Elle a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés.