Syrie: L’ONU tente d’éviter un massacre à Idleb, sans vraiment y croire

GUERRE Le représentant de l’ONU pour la Syrie voudrait lancer un ultimatum aux forces en présence, pour éviter l’attaque de la dernière poche de résistance de la rébellion syrienne…

20 Minutes avec AFP

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Idleb, à la frontière turque, est la dernière proche de résistance de l'opposition au régime de Damas.
Idleb, à la frontière turque, est la dernière proche de résistance de l'opposition au régime de Damas. — OMAR HAJ KADOUR / AFP

L’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a plaidé vendredi devant le Conseil de sécurité pour imposer un « ultimatum » aux combattants à quitter les zones peuplées à Idleb où des « routes d’évacuation volontaire » pourraient aussi être créées pour les civils. Le régime de Damas envisage en effet d’attaquer cette toute dernière province encore tenue par les rebelles.

Après la rencontre, plusieurs diplomates occidentaux ont cependant exprimé leurs doutes sur la possibilité de la concrétiser, le régime syrien ne faisant pas de distinction entre les groupes terroristes et l’opposition armée à Bachar al-Assad. L'« ultimatum » serait lancé parallèlement à « un engagement de la Russie et de la Syrie à ne pas procéder à des attaques militaires ». « La Russie et la Turquie devraient être les garants d’un tel plan qui serait aussi soutenu par l’ONU », a-t-il estimé.

Les groupes armés se préparent

Staffan de Mistura a aussi plaidé pour la création de « routes d’évacuation volontaire dans toutes les directions, est, nord, sud ». « L’ONU est prête » à y contribuer, a-t-il précisé. Fin août, Staffan de Mistura s’était déjà dit prêt à aller à Idleb pour garantir un « couloir humanitaire ». Selon lui, pour contrer l’offensive attendue du régime, des groupes armés créent actuellement des souterrains, font exploser des ponts et réalisent des tranchées.

John Ging, du département des Affaires humanitaires de l’ONU, a réclamé au Conseil de sécurité d’intervenir pour faire « cesser les hostilités », « garantir la protection des civils » et leur « liberté de mouvement », « faciliter un accès humanitaire partout » et « renforcer les fonds » pour l’aide qui « manque de moyens ».

Évacuation des civils avant l’attaque, dit Damas

Parmi les intervenants, l’ambassadeur français François Delattre a souligné qu’Idleb représentait une « bombe à retardement humanitaire et migratoire ». Il s’est notamment prononcé contre des évacuations « forcées » contraires au droit international. L’ambassadeur syrien à l’ONU, Bashar Ja’Afari, a indiqué à ce sujet que son gouvernement prévoyait d’évacuer des civils des zones de combat comme cela s’est déjà produit dans le passé à Alep ou dans la Ghouta orientale.