Syrie: Un rapport d'Amnesty International dénonce les pertes civiles à Raqqa causées par la coalition

GUERRE Selon l’ONG, « la guerre d’anéantissement » menée par la coalition a eu des « conséquences désastreuses » sur les populations civiles…

20 minutes avec agence

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A Raqqa, Al-Naïm square, surnommé le «rond-point de l'enfer», a été libéré le 16 octobre 2017 par les Forces démocratiques syriennes.
A Raqqa, Al-Naïm square, surnommé le «rond-point de l'enfer», a été libéré le 16 octobre 2017 par les Forces démocratiques syriennes. — CNN/Gabriel Chaim

La ville de Raqqa (Syrie) est au cœur du conflit entre la coalition internationale et les terroristes de l’État islamique.

Selon un rapport publié ce mardi par Amnesty International, les civils en auraient payé le prix fort. D’après l’ONG, « les conséquences pour les populations civiles ont été désastreuses », rapporte Le Figaro.

« Le droit humanitaire a été violé »

Le rapport a été rédigé par deux membres de l’ONG, qui ont visité en février dernier 42 sites et interrogé 112 témoins et victimes. La présence de civils « n’a pas été suffisamment prise en compte par les forces de la coalition, qui n’ont pas pris les précautions nécessaires pour réduire au maximum les dommages infligés aux civils et aux biens de caractère civil », dénonce le compte rendu.

Amnesty International a mis en avant l’histoire de quatre familles, estimant qu’elles « fournissent des éléments qui attestent que le droit international humanitaire a été violé lors de plusieurs attaques de la coalition ayant fait des morts et des blessés parmi les civils ». L’ONG admet que l’utilisation de civils par l’EI comme boucliers humains rendait les interventions compliquées, même si ces méthodes étaient déjà connues.

Des « crimes de guerres présumés »

Parmi les témoignages, l’ONG raconte l’histoire de la famille Badran, dont 39 membres et 10 voisins ont été tués dans quatre frappes de la coalition. « Nous pensions que les forces qui venaient chasser Daesh savaient ce qu’elles faisaient et s’en prendraient à Daesh en épargnant les civils. Nous étions naïfs, raconte l’un des survivants de cette famille. Quand nous avons réalisé à quel point la situation était devenue dangereuse partout, il était trop tard. »

L’ONG conteste les allégations du général américain Stephen Townsend, commandant sortant de la coalition, selon qui il n’y avait « jamais eu une campagne aérienne plus précise dans toute l’histoire des conflits armés ». Pour l’organisation, les frappes occidentales « semblent avoir été menées de façon disproportionnée ou aveugle ou bien les deux » et considérées comme illégales et « comme des crimes de guerre présumés ».

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