Syrie: Début de l'enquête internationale sur l'attaque chimique présumée

CONFLIT Une équipe internationale d'experts doit débuter dimanche son enquête en Syrie sur le site de l'attaque chimique présumée...

20 Minutes avec AFP

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Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont procédé à des frappes aériennes en Syrie, le 14 avril 2018.
Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont procédé à des frappes aériennes en Syrie, le 14 avril 2018. — Hassan Ammar/AP/SIPA

Une équipe internationale d'experts doit débuter dimanche son enquête en Syrie sur le site de l'attaque chimique présumée qui a provoqué des frappes américaines, françaises et britanniques d'une ampleur inédite contre le régime de Bachar al-Assad.

La mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), basée à La Haye, est arrivée à Damas samedi, en pleine poussée de tension entre les Occidentaux et le régime syrien allié à la Russie. «Il est prévu qu'elle se dirige aujourd'hui (dimanche) à Douma pour entamer son travail», a annoncé à l'AFP le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Ayman Soussane.

«Nous laisserons l'équipe faire son travail de manière professionnelle»

La ville de Douma, où se serait produite l'attaque aux gaz toxiques, est située dans la Ghouta orientale, une région aux portes de Damas désormais «nettoyée» de tous ses rebelles, a annoncé l'armée syrienne samedi, après cinq ans de siège et une violente offensive lancée le 18 février.

«Nous laisserons l'équipe faire son travail de manière professionnelle, objective, impartiale et loin de toute pression. Les résultats de l'enquête infirmeront les allégations mensongères» contre Damas, a assuré le vice-ministre syrien.

Washington, Paris et Londres ont effectué samedi à l'aube des frappes ciblées contre trois sites liés selon eux au programme d'armement chimique syrien, sans faire de victimes, en représailles à cette attaque chimique présumée.

Une campagne de «tromperie et de mensonges»

Le président Bachar al-Assad a dénoncé dimanche une campagne de «tromperie et de mensonges». «L'agression tripartite» montre que «la Syrie et la Russie mènent une seule et même bataille, non seulement contre le terrorisme mais aussi pour protéger le droit international fondé sur le respect de la souveraineté des Etats», a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse officielle SANA.

Le régime, soutenu par son indéfectible allié russe, a toujours démenti toute implication dans l'attaque, dénonçant des «fabrications» rebelles. Le 7 avril, des secouristes en zones rebelles, les Casques blancs, avaient fait état d'une attaque chimique ayant fait, selon eux, au moins 40 morts et des centaines de blessés. Les victimes présentaient, selon eux, des symptômes tels que des difficultés respiratoires, des brûlures de la cornée ou de la mousse dans la bouche.

Le travail s'annonce compliqué pour les enquêteurs qui arrivent sur place plus d'une semaine après les faits, dans une zone passée depuis sous contrôle du régime et de la police militaire russe et largement dévastée.

Les derniers combattants rebelles de Douma, ainsi que des civils, ont été évacués samedi vers des zones du nord de la Syrie, dans le cadre d'un accord de reddition signé avec le régime le 9 avril, deux jours après l'attaque chimique présumée.