«Odieuse», «atroce», «complot»...Toutes les réactions internationales à l'attaque chimique en Syrie

SYRIE Depuis l’annonce samedi par deux ONG syriennes d’une attaque chimique perpétrée à Douma dans la Ghouta orientale, les réactions se multiplient à l’international…

H.S. avec AFP

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Réunion le 12 mars 2018 du Conseil de sécurité à l'ONU sur la situation en Syrie.
Réunion le 12 mars 2018 du Conseil de sécurité à l'ONU sur la situation en Syrie. — SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
  • Plusieurs pays comme les Etats-Unis et la France se sont exprimés en faveur d’une « riposte » à l’égard du régime syrien.
  • La Russie assure de son côté n’avoir aucune preuve de l’utilisation d’armes chimiques par l’armée de Bachar al-Assad.
  • L’attaque perpétrée samedi à Douma aurait causé la mort de 48 personnes selon les ONG syriennes.

Depuis samedi, les réactions se multiplient à l’international après l’annonce par deux ONG syriennes, d'une attaque chimique perpétrée à Douma en Syrie. Ce lundi, une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU devrait se tenir en fin de journée. Réclamée par neuf des quinze pays membres, elle portera essentiellement sur la situation en Syrie et sur l’usage des armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad.

Tout au long du week-end, les chefs d’États et les responsables diplomatiques proches du régime syrien ou opposés à son dirigeant se sont entretenus et ont multiplié les « déclarations choc ». La France, comme les Etats-Unis, se sont exprimés en faveur d'une «riposte».

  • Les Etats-Unis :

Le président américain Donald Trump a été particulièrement virulent dans un tweet envoyé dimanche. « De nombreux morts, y compris des femmes et des enfants, dans une attaque chimique insensée en Syrie », a-t-il écrit, assurant qu’il faudra en « payer le prix fort ». Il a pointé du doigt la «responsabilité» de la Russie et de l'Iran, un autre soutien d’Assad qu’il a qualifié « d’animal ». Le ministre américain de la Défense Jim Mattis a lui assuré lundi qu’il « n’exclut rien » en réaction à ce bombardement et juge Moscou responsable de la présence d’agents chimiques sur ce théâtre de guerre.

Lundi à quelques heures de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, le chef de l’Etat américain a promis des « décisions majeures » dans les « 24/48 heures » et dénoncé une « attaque odieuse contre des innocents ».

  • La France

La France assumera « toutes ses responsabilités » a déclaré dimanche le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, alors que Paris a plusieurs fois dit qu’elle frapperait militairement en cas d’usage avéré d’armes chimiques. Exprimant son « extrême préoccupation », le ministre a ajouté que la France « assumera toutes ses responsabilités au titre de la lutte contre la prolifération chimique. Elle demande que le Conseil de sécurité des Nations unies se réunisse dans les meilleurs délais pour examiner la situation dans la Ghouta orientale », selon une déclaration transmise à la presse.

  • La Grande-Bretagne

La Grande-Bretagne a estimé que « si cette nouvelle utilisation d’armes chimiques par le régime est confirmée, il s’agirait d’un nouvel exemple de la brutalité du régime d’Assad ». Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a appelé lundi à une « réponse internationale forte » suite à l’attaque chimique présumée. Le régime de Bachar al-Assad et ses soutiens, dont la Russie, « devront rendre des comptes » si leur responsabilité est établie dans la dernière attaque chimique présumée sur la zone rebelle de la Ghouta (Syrie), a ajouté lundi la Première ministre britannique Theresa May.

  • La Chine

La Chine s’est prononcée lundi pour une enquête sur les soupçons d’utilisation d’armes chimiques en Syrie. « Nous sommes résolument opposés au recours à des armes chimiques par quelque pays, quelque organisation, quelque personne et quelque motif que ce soit, et ce en toutes circonstances », a martelé devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

  • Les pays du Golfe

L’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït et Bahreïn ont également fermement condamné lundi l’attaque chimique présumée imputée au régime syrien. La qualifiant d'« atroce », Ryad a souligné l’importance pour la communauté internationale d'« assumer sa responsabilité dans la protection des civils en Syrie ». De son côté, le Qatar a noté que « l’impunité des criminels de guerre avait conduit à de nouvelles atrocités » dans le pays en guerre depuis 2011.

  • L’Iran

Les accusations d’utilisation d’armes chimiques par l’armée syrienne serait un nouveau « complot » contre le régime de Bachar al-Assad, a affirmé dimanche l’Iran, qui soutien Damas. « De telles allégations et accusations par les Américains et certains pays occidentaux sont le signe d’un nouveau complot contre le gouvernement et le peuple syriens, et un prétexte pour une action militaire, qui va certainement compliquer davantage la situation dans ce pays et la région », selon un communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères.

  • La Russie

Le Kremlin a estimé lundi qu’il serait « dangereux » de tirer des conclusions avant la tenue d’une enquête sur l’attaque chimique présumée contre une ville rebelle en Syrie, qui a été suivie par des frappes contre une base militaire du régime. « Il n’y a pour l’instant eu aucune enquête à ce sujet. Sans vérification, sans enquête, tirer des conclusions ne serait pas correct », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « Il est nécessaire d’élucider de manière très minutieuse ce qu’il s’est passé à Douma. Sans information, tirer des conclusions serait dangereux », a-t-il ajouté.

  • La Turquie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit lundi à son homologue russe Vladimir Poutine son « inquiétude » au sujet des attaques menées dans la Ghouta en Syrie, lors d’un entretien téléphonique après un présumé bombardement chimique imputé au régime, selon la présidence turque.

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