Syrie: Macron exprime sa «préoccupation» et demande à Erdogan le «plein accès de l'aide humanitaire» à Afrine

CONFLIT Ankara a lancé le 20 janvier une opération militaire contre l'enclave pour en déloger les Unités de protection du peuple (YPG), une milice considérée comme «terroriste» par Ankara mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre Daesh...

B.D. avec AFP

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Le président français Emmanuel Macron (D) et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d'une conférence de presse commune à l’Élysée, à Paris, le 5 janvier 2018.
Le président français Emmanuel Macron (D) et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d'une conférence de presse commune à l’Élysée, à Paris, le 5 janvier 2018. — Ludovic MARIN / POOL / AFP

Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a exprimé à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, sa « préoccupation » concernant l’offensive menée par la Turquie dans l’enclave syrienne d’Afrine, à indiqué l’Elysée dans un communiqué ce samedi. Il a souligné la « nécessité de permettre le plein accès de l’aide humanitaire », ajoute le texte.

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Le président français a souligné, lors d’un entretien téléphonique vendredi avec le dirigeant turc, que « la France avait très clairement exprimé sa préoccupation dès le lancement de l’intervention militaire turque dans le canton d’Afrine, la nécessité de permettre le plein accès de l’aide humanitaire aux populations civiles et de donner la priorité absolue à la lutte contre Daesh qui est pour la France un enjeu de sécurité nationale ».

Vendredi, selon une source présidentielle turque, Recep Tayyip Erdogan avait exprimé dans la même conversation téléphonique sa « gêne » vis-à-vis des « propos infondés tenus au sujet de l’opération Rameau d’olivier ». Cette source n’avait pas précisé à quels propos il faisait référence. Le président Erdogan avait également répété que l’opération menée en Syrie vise à « écarter les menaces contre la sécurité nationale turque » et à « assurer la paix » dans la région.

167.000 personnes déplacées

Ankara a lancé le 20 janvier une opération militaire contre l’enclave d’Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, pour en déloger les Unités de protection du peuple (YPG), une milice considérée comme « terroriste » par Ankara mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique. La Turquie et ses supplétifs rebelles syriens ont pris le contrôle dimanche de l’ensemble de l’enclave d’Afrine en délogeant les forces kurdes de son chef-lieu. L’ONU a affirmé vendredi que quelque 167.000 personnes ont été déplacées par l’avancée des troupes turques à Afrine.

Lors d’un entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine lundi, Emmanuel Macron avait déjà fait part de « sa grande préoccupation », notamment sur la situation à Afrine, et avait appelé « la Russie à faire ses meilleurs efforts pour que cessent les combats et les pertes civiles » en Syrie.

La Russie, principal soutien du régime de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles, coopèrent étroitement sur le dossier syrien. Vladimir Poutine et Recep Tayip Erdogan doivent notamment s’entretenir début avril au cours d’un sommet prévu à Istanbul à propos du conflit qui fait rage depuis 2011 en Syrie.