VIDEO. Le vote à l'ONU pour un cessez-le-feu en Syrie repoussé à samedi

SYRIE Le régime de Damas a de nouveau bombardé la Ghouta orientale, à coups de bombes, de barils d’explosifs et d’obus, faisant vendredi 38 morts dont 11 enfants…

N.Sa avec AFP

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Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira le 24 février pour tenter de voter un nouveau texte de résolution prévoyant un cessez-le-feu immédiat en Syrie.
Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira le 24 février pour tenter de voter un nouveau texte de résolution prévoyant un cessez-le-feu immédiat en Syrie. — CHINE NOUVELLE/SIPA
  • Depuis dimanche, 468 civils, dont 108 enfants, ont péri selon une ONG dans de violents raids aériens sur le fief rebelle de la Ghouta orientale.
  • Le vote au Conseil de sécurité a été repoussé à plusieurs reprises, avant d’être finalement décalé à samedi 18h heure française.
  • Les pays membres de l’ONU redoutent un veto de la Russie, allié indéfectible du régime syrien.
  • Le projet de résolution réclame un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie, destiné notamment à distribuer de l’aide humanitaire.

Le temps presse. Les avions du régime syrien ont déversé vendredi, pour le sixième jour consécutif, leurs bombes sur le fief rebelle de la Ghouta orientale, alors qu’au Conseil de sécurité de l'ONU le vote tant attendu sur une trêve d’un mois a été repoussé à samedi.

Les négociations se poursuivent pour éviter le veto russe

Depuis dimanche, 468 civils, dont 108 enfants, ont péri selon une ONG dans de violents raids aériens et tirs d’artillerie incessants menés par l’armée du président Bachar al-Assad contre cette enclave assiégée près de Damas.
Prévu ce vendredi, le vote au Conseil de sécurité a été repoussé à plusieurs reprises, avant d’être finalement décalé à samedi, à 18h heure française. Les négociations se poursuivent pour éviter un veto de la Russie, allié indéfectible du régime syrien, et un nouveau texte de résolution prévoyant un cessez-le-feu immédiat, sans les 72 heures de délai initialement envisagées, a été finalement mis au point. Mais il ne pourra pas être soumis au vote avant samedi.

Faisant fi des appels internationaux, le régime de Damas a de nouveau bombardé la Ghouta orientale, à coups de bombes, de barils d’explosifs et d’obus, faisant vendredi 38 morts dont 11 enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Cette campagne aérienne est d’une rare intensité, même pour un pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340.000 morts. Elle est le prélude à une offensive terrestre de l’armée pour reprendre la Ghouta selon un média proche du pouvoir et l’OSDH.

Un cessez-le-feu de 30 jours réclamé dans toute la Syrie

Le projet de résolution en discussion au Conseil de sécurité réclame un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie, destiné notamment à distribuer de l’aide humanitaire et permettre des évacuations médicales dans la Ghouta orientale. Désormais, les discussions porteraient notamment sur les « garanties » réclamées par Moscou sur le respect d’un cessez-le-feu par les groupes rebelles, dont ceux de la Ghouta orientale.

>> A lire aussi : Syrie: La Croix-Rouge réclame l’accès au fief rebelle de la Ghouta orientale

L’exclusion des groupes djihadistes Etat islamique (EI) et Al-Qaïda d’un cessez-le-feu est maintenue. A la demande de Moscou, cette exclusion concerne aussi désormais « d’autres individus, groupes, entités associées avec Al-Qaïda et l’EI, ainsi que d’autres groupes terroristes désignés par le Conseil de sécurité ».

Macron et Merkel font pression sur Poutine

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont demandé au président russe Vladimir Poutine d’approuver le projet de résolution.
« Ce que la Russie, l’Iran et la Syrie ont fait récemment est une honte humanitaire », a pour sa part martelé le président américain Donald Trump.

Mais cette effervescence diplomatique est loin de convaincre sur place. « L’ONU se dit préoccupée et demande un cessez-le-feu mais au final ils ne nous ont rien apporté », lâche Abou Moustafa, un habitant de Douma. « Au quotidien, il y a des frappes, des destructions, c’est à faire pleurer les pierres, chaque jour quelqu’un perd un proche ».