VIDEO. Raids aériens sur la Ghouta orientale: Le Conseil de sécurité de l'ONU se prononce sur un cessez-le-feu

GUERRE L’enclave rebelle, pilonnée depuis dimanche par le régime, est devenue un « enfer sur Terre », selon le patron de l’ONU, Antonio Guterres…

B.D. avec AFP

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De la fumée s'échappe de bâtiments pilonnés par l'armée syrienne, à Kafr Batna, dans l'enclave rebelle de la Ghouta, près de Damas, le 22 février 2018.
De la fumée s'échappe de bâtiments pilonnés par l'armée syrienne, à Kafr Batna, dans l'enclave rebelle de la Ghouta, près de Damas, le 22 février 2018. — AFP PHOTO / AMER ALMOHIBANY

Alors que les avions du régime syrien déversent toujours, ce vendredi pour le sixième jour consécutif, leurs bombes sur le fief rebelle de la Ghouta orientale, le vote sur un cessez-le-feu doit avoir lieu au Conseil de sécurité de l’ONU.

Depuis dimanche, 426 civils, dont 98 enfants, ont péri dans les raids aériens et les tirs d’artillerie intensifs et incessants menés par l’armée du président Bachar al-Assad contre cette vaste région près de Damas, devenue un « enfer sur Terre », selon les termes du patron de l’ONU Antonio Guterres. Cette campagne aérienne est d’une rare intensité, même pour un pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340.000 morts. Elle prélude à une offensive terrestre de l’armée pour reprendre cette région, selon un média proche du pouvoir et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

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Soumis à un siège asphyxiant depuis 2013 par les forces du régime, les quelque 400.000 habitants de la Ghouta subissent déjà au quotidien pénuries de nourriture et de médicaments. Cette région est le dernier bastion des rebelles situé aux portes de Damas, et les combattants tirent régulièrement obus et roquettes sur la capitale, fief du régime et symbole de son pouvoir. Ces attaques, mises en avant par le régime pour justifier sa campagne militaire, ont fait au moins 16 morts depuis dimanche.

« Responsabilité particulière » de Moscou

Incapable jusque-là de mettre fin au carnage, le Conseil de sécurité doit voter ce vendredi à 16 heures (17 heures à Paris) sur un projet de résolution demandant un cessez-le-feu de 30 jours, pour permettre l'arrivée d'aide humanitaire et les évacuations médicales. Mais on ignore si la Russie, qui a droit de véto, soutiendra ce texte.

Grâce à l’intervention militaire russe en 2015, le régime qui était en mauvaise posture, a renversé la donne en multipliant les victoires face aux rebelles et aux groupes djihadistes, jusqu’à reprendre le contrôle de plus de la moitié du territoire. Selon l’OSDH, l’aviation de la Russie participe aux frappes sur la Ghouta. Moscou a démenti. Les Etats-Unis ont dénoncé la « responsabilité particulière » de Moscou, assurant que « sans le soutien apporté par la Russie à la Syrie, cette dévastation et ces morts n’auraient pas eu lieu ».