Syrie: Dix morts dans l'opération militaire turque contre les forces kurdes en Syrie

CONFLIT Les ministres des Affaires Etrangères russes et américains se sont téléphoné pour discuter de la situation en Syrie...

20 Minutes avec AFP

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Des soldats turcs en Syrie, le 4 octobre 2014.
Des soldats turcs en Syrie, le 4 octobre 2014. — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

L’armée turque a lancé ce samedi une offensive terrestre et aérienne dans la région d’Afrine, dans le nord de la Syrie, contre une milice kurde considérée par Ankara comme une organisation terroriste. Les bombardements qui l'accompagnaient ont tué dix personnes, pour la plupart des civils. «Sept civils ont été tués, dont un enfant, ainsi que deux femmes combattantes et un combattant», a déclaré Birusk Hasakeh, porte-parole des Unités de protection du peuple (YPG) à Afrine.

« L’opération Afrine a commencé de facto sur le terrain », avait indiqué un peu plus tôt dans al journée le président turc Recep Tayyip Erdogan. Baptisée « Rameau d’olivier », l’opération, qui vise les Unités de protection du peuple (YPG), a débuté à 14h GMT (15h à Paris). L’armée turque a précisé que l’opération était menée « en respectant l’intégrité territoriale de la Syrie » et était fondée sur les droits de la Turquie en vertu du droit international.

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Ankara accuse les YPG d’être la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une rébellion dans le sud-est de la Turquie depuis plus de trente ans et est considéré par Ankara et ses alliés occidentaux comme une organisation terroriste. « Etape par étape, nous débarrasserons notre pays jusqu’à la frontière irakienne de cette croûte de terreur qui essaye de nous assiéger », a promis dans un discours télévisé Recep Tayyip Erdogan. « Ensuite, ce sera Minbej » [autre ville syrienne sous contrôle kurde] », a précisé le président Erdogan qui a qualifié d'« armée de la terreur » le projet de force de 30.000 hommes, provenant en partie des YPG, sous l’égide des Etats-Unis pour protéger la frontière nord de la Syrie.

Coup de fil entre Américains et Russes

« Moscou est préoccupée par ces informations », a réagi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué après l’annonce turque. « Nous appelons les parties opposées à faire preuve de retenue », a-t-il souligné. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est quant à lui entretenu par téléphone avec son homologue américain Rex Tillerson, a indiqué son ministère sur sa page officielle sur Facebook.

Les deux hommes ont « discuté la situation en Syrie, y compris les questions concernant les mesures visant à assurer la stabilité dans le nord du pays », et ont également évoqué les questions concernant « le processus du règlement pacifique sous l’égide de l’ONU » du conflit en Syrie, notamment dans le contexte du Congrès du dialogue national syrien qui doit avoir lieu fin janvier dans la station balnéaire russe de Sotchi, selon la même source.

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Cette conversation a eu lieu « à l’initiative américaine », a-t-on ajouté. La perspective d’une offensive turque de grande envergure en Syrie préoccupe Washington, sachant que les YPG ont été un allié incontournable des Etats-Unis, partenaires de la Turquie au sein de l’Otan, dans la guerre contre Daesh. Elles ont joué un rôle majeur dans l’éviction des djihadistes de tous leurs principaux fiefs de Syrie, et la coalition dirigée par les Etats-Unis en Syrie dépend encore lourdement d'elles pour stabiliser la région.