Syrie: Echec à l'ONU pour prolonger l'enquête sur les armes chimiques

MONDE Washington et Moscou ne sont pas sur la même longueur d'ondes...

20 Minutes avec AFP
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Nikki Haley, ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU,  montre les photos du massacre syirne face à l'assemblée, le 5 avril 2017.
Nikki Haley, ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, montre les photos du massacre syirne face à l'assemblée, le 5 avril 2017. — Bebeto Matthews/AP/SIPA

Séance houleuse à l'ONU. Deux projets de résolution concurrents, américain et russe, visant à prolonger d'un an le mandat des experts internationaux enquêtant sur les attaques chimiques en Syrie ont été rejetés jeudi lors d'une réunion tendue au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le Japon a ensuite fait circuler un projet de résolution demandant une extension de 30 jours qui permettrait de trouver un compromis sur le sort de ce groupe d'enquêteurs, appelé JIM, qui regroupe des experts de l'ONU et de l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques). Ce texte charge le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres de soumettre au Conseil dans 20 jours «des propositions sur la structure et la méthodologie» mise en place par le JIM.

Veto russe

La Russie avait d'abord mis son veto (le dixième concernant la Syrie) à un texte américain, approuvé par 11 pays et qui a fait l'objet de 2 votes contre (Russie et Bolivie) et de 2 abstentions (Chine et Egypte). Lors d'un deuxième scrutin, le projet russe avait été rejeté, recueillant 4 votes pour, 7 contre et 4 abstentions. Il fallait une majorité de 9 voix pour faire adopter le texte sans veto d'un membre permanent.

Selon des diplomates, le mandat du JIM s'achève vendredi soir et non jeudi comme indiqué jusqu'alors et vendredi matin, le Conseil devrait se pencher sur la proposition nipponne.

Tout au long de l'après-midi, les échanges au sein du Conseil avaient été acrimonieux. «Triche», «trahison», «malhonnêteté», ont figuré parmi les amabilités échangées entre les ambassadeurs au langage d'habitude plus policé. Le représentant égyptien a déploré «un show médiatique», son homologue bolivien qualifiant la séance d'«inhabituelle».

Clash entre Moscou et Washington

«La Russie a tué le mécanisme d'enquête qui avait un soutien général dans ce Conseil», a lancé l'ambassadrice américaine, Nikki Haley. «Le message est clair: la Russie accepte le recours aux armes chimiques en Syrie!»

Le JIM présente «des lacunes fondamentales», avec le recueil de témoignages douteux, des approximations dans le travail d'enquête, a rétorqué l'ambassadeur russe, Vassily Nebenzia. «La Russie ne pouvait pas voter le projet américain et tout le monde le savait», a-t-il insisté.

Plusieurs pays ont souligné l'isolement de la Russie, l'un des principaux soutiens de la Syrie, et chaque grande puissance a tenté de rejeter la responsabilité de l'échec du Conseil sur l'autre.

«La France est consternée par ce résultat dû au veto russe», a souligné l'ambassadeur français, François Delattre. «La Russie a échoué à promouvoir la paix en Syrie» en «refusant d'être constructive», a abondé son homologue britannique, Matthew Rycroft.

Derrière cette question de l'avenir du JIM, c'est l'ensemble du régime de non-prolifération établi par les Nations unies pour interdire dans le monde le recours aux armes chimiques qui est en jeu, selon des diplomates.