Syrie : Le sort de Raqqa, l’un des derniers «nids» de djihadistes de Daesh, embarrasse la coalition

SYRIE La coalition internationale est sur le point de reprendre la « capitale » de l’Etat islamique autoproclamé aux djihadistes de Daesh …

B.Ch. avec AFP

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Un tireur d'élite américain et un combattant britannique gardent un poste à la périphérie de Raqa le 27 juin 2017; AFP PHOTO / DELIL SOULEIMAN
Un tireur d'élite américain et un combattant britannique gardent un poste à la périphérie de Raqa le 27 juin 2017; AFP PHOTO / DELIL SOULEIMAN — AFP

Que faire des djihadistes pris au piège ? Entrées à Raqqa  en juin, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par la coalition, ont progressivement repris près de 90 % de la ville, les djihadistes y conservant des poches.

Une centaine de djihadistes syriens se sont rendus, a annoncé samedi la coalition internationale conduite par Washington qui refusait catégoriquement une éventuelle évacuation des derniers combattants étrangers retranchés dans la ville syrienne. Quelque 150 combattants étrangers seraient encore retranchés à Raqqa, selon le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Un mystérieux « convoi »

Trois ans après sa fulgurante ascension en Irak et en Syrie, l’Etat islamique (EI)  se trouve acculé dans ses derniers fiefs et voit son « califat » autoproclamé en juin 2014 s’écrouler face aux offensives soutenues par les Etats-Unis ou la Russie. Ces derniers jours, des discussions ont été menées pour assurer la reprise des poches où sont retranchés les djihadistes, et permettre l’évacuation des civils pris au piège des combats, parfois utilisés par les combattants comme boucliers humains.

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Un « convoi » quittera samedi Raqqa, après un accord d’évacuation, selon un communiqué de la coalition internationale sans que l’on sache quel type de combattants ayant déposés les armes en fera partie, ni pour quelle destination. Les djihadistes étrangers de Daesh demandent à pouvoir partir en un seul groupe vers les secteurs sous contrôle de l’Etat islamique dans la province de Deir Ezzor. Mais jusque-là la coalition internationale s’était montrée intraitable : les djihadistes étrangers « ne sont pas autorisés à quitter Raqqa. »

La crainte du retour au pays

Un porte-parole des Unités de protection du peuple kurde (YPG) avait catégoriquement écarté de son côté la possibilité d’un accord avec Daesh. Cet été, une évacuation de jihadistes depuis la région frontalière entre le Liban et la Syrie vers la région de Deir Ezzor (est) avait déjà suscité des réactions hostiles de la part de la coalition, qui avait lancé des raids pour empêcher un convoi d’arriver près de l’Irak.

Plusieurs pays occidentaux craignent en effet que la démobilisation de l’EI en Syrie et en Irak n’entraîne un retour dans leur pays des jihadistes qui pourraient constituer un danger. Raqqa est par ailleurs le symbole de la conquête de Daesh qui en a fait sa « capitale » en même temps qu’un laboratoire de l’horreur. C’est notamment de Raqqa qu’auraient été planifiés les spectaculaires attentats de l’EI qui ont frappé l’Europe ces dernières années.