La commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie «ne fait absolument rien» affirme une ancienne procureure spécialiste des crimes de guerre

JUSTICE Carla Del Ponte est réputée pour son franc-parler...

20 Minutes avec AFP

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Carla Del Ponte a notamment travaillé sur les crimes de guerre dans l'ex-Yougoslavie.
Carla Del Ponte a notamment travaillé sur les crimes de guerre dans l'ex-Yougoslavie. — Salvatore Di Nolfi/AP/SIPA
  • Le conflit en Syrie a fait plus de 300 000 morts. 
  • La commission d'enquête de l'ONU n'a jamais pu se rendre dans le pays. 

Depuis août 2011, la commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie travaille sur ce conflit qui a fait 330 000 morts et a déplacé des millions de personnes. L’ancienne procureure spécialiste des crimes de guerre, Carla Del Ponte, avait rejoint l’instance en 2012. Mais dimanche, elle a annoncé qu’elle allait bientôt démissionner, se disant « frustrée » de son fonctionnement.

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Carla Del Ponte est connue pour avoir été procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), et avoir réussi à faire juger Slobodan Milosevic, ancien chef d’Etat de la Serbie. Fort de cette expérience, elle affirme dans un entretien au journal suisse Blick que « des crimes horribles comme ceux commis en Syrie, je n’en ai pas vus au Rwanda, ni dans l’ex-Yougoslavie ».

« Tous en Syrie sont du côté du mal »

« Je ne peux plus être dans cette Commission qui ne fait absolument rien », explique Carla Del Ponte, accusant les membres du Conseil de sécurité « de ne pas vouloir établir la justice ». La Commission a demandé à de maintes reprises que le Conseil de sécurité saisisse la Cour pénale internationale dans le dossier syrien, mais la Russie, alliée de Damas, s’y oppose.

« Au début il y avait le bien et le mal. L’opposition du côté du bien et le gouvernement dans le rôle du mal », estime l’ancienne procureure. Désormais, « tous en Syrie sont du côté du mal. Le gouvernement Assad a perpétré de terribles crimes contre l’humanité et utilisé des armes chimiques. Et l’opposition n’est désormais composée que d’extrémistes et de terroristes », juge-t-elle.

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« Persister »

Face à cette démission, la commission d’enquête de l’ONU a réagi lundi. « Il est de notre devoir de persister (…) au nom des innombrables Syriens qui sont victimes des pires violations des droits de l’Homme et crimes internationaux que l’humanité connaît. De tels efforts sont plus nécessaires que jamais », affirme-t-elle dans un communiqué.