Donald Trump à la Maison Blanche aux côtés du roi Abdallah II de Jordanie, le 5 avril 2017.
Donald Trump à la Maison Blanche aux côtés du roi Abdallah II de Jordanie, le 5 avril 2017. — A.HARNIK/AP/SIPA

ETATS-UNIS

VIDEO. Attaque chimique en Syrie: Trump évoque un changement de politique, le vote repoussé à l'ONU

Le président des Etats-Unis durcit le ton et menace de passer à l'action...

Gros changement de ton de la part de Donald Trump. Mercredi, le président américain a estimé que le régime de Bachar al-Assad avait « plus que franchi la ligne rouge », au lendemain de l’attaque chimique présumée qui a fait au moins 86 morts, dont 30 enfants. Après les vives condamnations de l’ambassadrice américaine à l’ONU, un peu plus tôt, Washington durcit la rhétorique. Reste à savoir si les mots seront suivis d’action, alors qu'à l'ONU, le vote au Conseil de sécurité prévu mercredi a été repoussé, le temps de négocier avec Moscou.

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« Inacceptable »

« Quand vous tuez des enfants innocents, des bébés, avec un gaz toxique mortel, ça franchit de nombreuses lignes, plus que la ligne rouge », a répondu Donald Trump lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche aux côtés du roi Abdallah II de Jordanie, dénonçant « un affront pour l’humanité ».

Le président américain a critiqué son prédécesseur, estimant que Barack Obama avait « tracé une ligne dans le sable » mais qu’il n’avait « rien fait » quand Assad l’a franchie. « C’était des menaces vides », a fustigé Trump.

Qu’en est-il pour lui désormais ? Mettant en avant sa « flexibilité », Donald Trump indique que sa « position sur la Syrie et Assad a beaucoup changé. Il y a eu plusieurs attaques chimiques ces dernières semaines, on est à un tout autre niveau, ce qui s’est passé est inacceptable ». Va-t-on voir une politique américaine différente en Syrie ? Trump botte en touche : « On verra. »

Menace d’une action unilatérale

En 2013, Donald Trump s’était dit opposé à l’idée de forcer Assad à partir car il était « inquiet de ce qui viendrait ensuite ». La semaine dernière, Nikki Haley a indiqué que le retrait d’Assad n’était « plus une priorité ». Le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, estimait lui que l’avenir du dirigeant devait être placé « entre les mains des Syriens ».

Ces déclarations ont été vivement critiquées par le sénateur républicain John McCain comme « un chapitre honteux » de la diplomatie américaine. Selon lui, il faut « armer les opposants syriens » et « mettre la pression sur la Russie » pour chasser Assad. Alors que Moscou bloque toute résolution pour condamner Damas à l’ONU, et que le vote prévu mercredi a été repoussé, Nikki Haley a pour la première fois évoqué la possibilité « d’une action unilatérale ». Voici sans doute le premier test international majeur pour Donald Trump.