Syrie: Daesh «complètement assiégé» dans son dernier fief de la région d'Alep

SYRIE Le groupe djihadiste subit les assauts de rebelles syriens appuyés par des troupes turques, mais aussi des forces du régime de Bachar al-Assad, soutenues par la Russie...

20 Minutes avec AFP

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Des combattants de l'Armée syrienne libre près d'Al-Bab, le 4 février 2017.
Des combattants de l'Armée syrienne libre près d'Al-Bab, le 4 février 2017. — Nazeer al-Khatib / AFP

Daesh en difficulté dans son dernier fief de la province d’Alep. Les djihadistes, qui subissent des offensives sur les territoires dont ils se sont emparés en Irak et en Syrie, sont désormais « complètement assiégés » dans la ville syrienne d’Al-Bab, visés par une double offensive.

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Al-Bab est dans la ligne de mire de rebelles syriens appuyés par des troupes turques depuis près de deux mois mais les forces du régime de Bachar al-Assad, soutenues par la Russie, ont récemment lancé une offensive pour capturer cette ville symbole. Si les troupes turques et leurs alliés font du surplace au nord, à l’est et à l’ouest de la ville depuis début janvier, l’armée syrienne et ses supplétifs avancent rapidement depuis une semaine, notamment au sud de la cité.

Il n’est pas clair s’il s’agit d’une course entre les deux parties pour prendre Al-Bab ou s’il y a une entente tacite entre Moscou et Ankara, les parrains de ces forces antagonistes. Après de profondes divergences sur le dossier syrien, la Turquie a en effet engagé depuis quelques mois un spectaculaire rapprochement avec la Russie.

L’implication de la Turquie irrite Damas

« Al-Bab est plus importante pour les Turcs, qui ont défini la ville comme un objectif prioritaire de leur opération Bouclier de l’Euphrate », souligne Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie, au sujet d’une campagne lancée le 24 août dans le nord syrien et visant à la fois Daesh et des milices kurdes alliées des Etats-Unis dans la lutte antidjihadiste.

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Pour le régime syrien, l’important est plutôt de contrôler le sud de la ville pour « prévenir une avancée » des troupes turques et « protéger le flanc est d’Alep », selon Thomas Pierret.

L’implication d’Ankara en Syrie suscite la colère à Damas, qui a récemment adressé deux missives au Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer « les violations de (sa) souveraineté ». Cette situation traduit une dynamique de plus en plus complexe dans le conflit syrien, où le régime a repris le dessus depuis le début de l’intervention militaire de Moscou en Syrie en septembre 2015.

Daesh sous pression à Palmyre, Raqa et près de Damas

Avançant par le sud, « les forces du régime, appuyées par des combattants du Hezbollah libanais et des frappes russes, sont parvenues à assiéger complètement Al-Bab et ses environs » en « prenant le contrôle de la seule route aux mains de l’EI qui liait cette ville au reste du territoire syrien », selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

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Les troupes loyales au président Bachar al-Assad redoublent actuellement d’efforts contre Daesh, en particulier dans la province de Damas et près de Palmyre (centre). Dimanche, les forces gouvernementales ont aussi affronté Daesh près de l’aéroport militaire d’Al-Sine, au nord-est de Damas, selon l’OSDH.

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Le groupe djihadiste subit des offensives simultanées sur des secteurs dont il s’était emparé en 2014 en Syrie et en Irak. Il est ainsi sous pression à Raqa, son principal bastion en Syrie, vers lequel avancent les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde appuyée par les Etats-Unis.

Selon un nouveau rapport de l’ONU lundi, Daesh se trouve militairement sur la défensive en raison d’une chute de ses revenus et d’une moindre capacité à attirer de nouvelles recrues. Mais il continue à poser « une grave menace ».