ONU: Une résolution sur Alep soumise au vote du Conseil de sécurité ce lundi matin

SYRIE Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit ce lundi pour examiner une résolution française sur l’évacuation des civils et insurgés d’Alep…

L.C. avec AFP

— 

Le Conseil de sécurité de l'ONU réuni le 15 décembre 2016 à New York (Etats-Unis).
Le Conseil de sécurité de l'ONU réuni le 15 décembre 2016 à New York (Etats-Unis). — Miguel Rajmil/SIPA

C’est peut-être enin une avancée dans le dossier syrien. Le Conseil de sécurité de l’ONU va en effet se prononcer ce lundi sur un nouveau projet de résolution visant à garantir le bon déroulement des évacuations des civils et rebelles des quartiers est d’Alep. A l’issue de longues consultations à huis clos dimanche à New York, les 15 membres du Conseil de sécurité sont parvenus à un compromis pour amender un texte présenté par la France et menacé de veto par la Russie. Retour sur de difficiles négociations…

  • Que prévoyait la résolution française ?

Le texte de travail proposait de redéployer à Alep le personnel humanitaire de l’ONU déjà présent en Syrie vers Alep « pour une surveillance adéquate neutre et une observation directe » de « l’évacuation des parties assiégées d’Alep », pour contrôler que le cessez-le-feu tienne et vérifier que l’accès humanitaire se fasse. Paris proposait aussi de déployer des personnels supplémentaires et demandait à la Syrie de donner un droit d’accès à ces observateurs.

Le texte détaillé vendredi par le représentant de la France à l’ONU, François Delattre, insistait aussi sur la protection des médecins et des personnels hospitaliers, des ambulances et des hôpitaux.

  • Quels pays étaient en sa faveur ?

Les Etats-Unis soutenaient cette proposition, comme l’avait indiqué vendredi l’ambassadrice américaine à l’ONU Samantha Power : « Nous espérons voter ce week-end, en raison de l’extrême urgence » de ce dossier. Le président américain Barack Obama avait déjà réclamé vendredi un déploiement d’observateurs impartiaux pour superviser les évacuations.

Selon la diplomatie française, ce texte était soutenu par une « écrasante majorité du Conseil de sécurité ».

  • Comment a-t-elle été rejetée ?

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, a usé de son droit de veto dimanche. « Nous ne pouvons laisser voter ce texte car c’est un désastre », a déclaré Vitali Tchourkine qui juge ce texte « impraticable et dangereux ». Pour justifier ce veto, l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine a évoqué « des éléments discutables ». « Déployer des observateurs prend des semaines, penser qu’on peut le faire en deux ou trois jours n’est pas du tout réaliste », a-t-il souligné.

  • « Un terrain d’entente » finalement trouvé

Le Conseil de sécurité de l’ONU se prononcera ce lundi matin sur une résolution prévoyant le déploiement d’observateurs à Alep afin de superviser les évacuations et l’assistance humanitaire. L’ambassadeur français François Delattre a dit à la presse que les 15 pays avaient trouvé « un terrain d’entente » sur un texte de compromis, son collègue russe Vitali Tchourkine estimant qu’il s’agissait « d’un bon texte ».

Selon la dernière mouture du projet, obtenue par l’AFP, il « demande à l’ONU et à d’autres institutions pertinentes de superviser de manière adéquate et neutre et de surveiller directement les évacuations des quartiers est d’Alep ». L’ONU devra pour cela « déployer du personnel supplémentaire ».

  • En attendant, que se passe-t-il à Alep ?

Selon l’émissaire de l’ONU pour la Syrie Staffan de Mistura, il resterait environ 40 000 civils et entre 1 500 et 5 000 combattants avec leurs familles dans une poche rebelle de la ville, conquise presque entièrement par le régime du président Bachar al-Assad après une violente offensive aérienne et terrestre qui a duré un mois, doublée d’un siège hermétique depuis juillet.

Dimanche, des dizaines de bus ont commencé à entrer dans le réduit rebelle d’Alep en vue de permettre une reprise de l’évacuation. Selon l’agence de presse officielle syrienne Sana, « les bus ont commencé à entrer dans les quartiers de Zabdiyé, Salaheddine, al-Machad et al-Ansari dans l’est d’Alep sous la supervision du Croissant-Rouge et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour faire sortir ceux qui restent des terroristes [le terme employé par Damas pour désigner les rebelles] et de leurs familles ».