A Alep, les civils doivent aussi faire face à la soif, à la faim et au froid

SYRIE Les températures avoisinent les -6 degrés celsius la nuit...

20 Minutes avec AFP

— 

Alep-Est (Syrie). Des civils fuient les combats qui font rage le 13 décembre 2016.
Alep-Est (Syrie). Des civils fuient les combats qui font rage le 13 décembre 2016. — KARAM AL-MASRI / AFP

La détresse grandissait dimanche parmi les milliers de civils syriens affamés et bloqués dans le froid dans la ville d’Alep et dont la sortie a été retardée une nouvelle fois par des désaccords sur une autre opération d’évacuation.

Dans le quartier d’Al-Amiriyah, des milliers de personnes, dont des enfants, passent la nuit dans les ruines des immeubles. Privés d’eau potable et de nourriture, épuisés, ils subsistent en mangeant des dattes. « Je suis fatigué de devoir porter mes affaires et revenir chaque jour en vain », se plaint Abou Omar, dont les quatre enfants sont malades à cause du froid.

>> A lire aussi : «Humanité, où es-tu?»: Des milliers de manifestants en France et à Berlin en soutien à Alep

Dans la dernière poche rebelle totalement assiégée par l’armée syrienne, l’attente est insoutenable notamment pour des dizaines de blessés dont certains commencent à succomber, mettent en garde des médecins sur place.

Des blessés allongés sur le sol, sans eau, sans nourriture

Le correspondant de l’AFP qui s’est rendu dans un hôpital du secteur a décrit les conditions lamentables qui y règnent, avec des malades et des blessés allongés sur le sol, sans eau, sans nourriture et pratiquement sans chauffage alors que les températures avoisinent les -6 degrés celsius la nuit.

Un physiothérapeute, Mahmoud Zaazaa, a confié qu’il ne restait plus dans la zone « que trois médecins, un pharmacien et trois infirmiers ».

>> A lire aussi : Syrie: Une famille de réfugiés raconte ses trois ans de périple entre Damas et Marseille

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer dimanche sur un projet de résolution présenté par la France demandant le déploiement d’observateurs dans la deuxième ville de Syrie, où les civils attendaient pour la troisième journée consécutive en vain les bus chargés de les évacuer.

Les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU se réuniront à 11 heures locales à New York (17 heures heure française) pour voter sur un texte présenté par la France prévoyant l’envoi d’observateurs à Alep, malgré l’opposition de la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad et qui dispose d’un droit de veto, ont annoncé samedi soir des diplomates.

Le projet de résolution indique que le Conseil « s’alarme » de la crise humanitaire qui s’aggrave dans la ville et du fait que « des dizaines de milliers d’habitants d’Alep assiégés » ont besoin d’aide et d’être évacués.

Des « signalements sur des exécutions de civils »

La résolution demande que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon fasse déployer rapidement à Alep le personnel humanitaire de l’ONU déjà présent en Syrie « pour une surveillance adéquate neutre et une observation directe » de « l’évacuation des parties assiégées d’Alep ».

Faisant état de « signalements sur des exécutions de civils », le président américain Barack Obama avait déjà réclamé vendredi un déploiement d’observateurs impartiaux pour superviser les évacuations.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry avait dit craindre qu’Alep ne devienne un « autre Srebrenica », du nom de cette ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

>> A lire aussi : La guerre en Syrie, c'est aussi une bataille de mots, d'images et d'intox