Alep: L'évacuation des rebelles et de leurs familles serait terminée, selon l'armée russe

GUERRE Selon une source de sécurité syrienne et la Turquie, l’opération a été « suspendue »…

20 Minutes avec AFP

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Alep (Syrie), le 14 décembre 2016. Des militaires de l'armée régulière avancent pour reprendre les quartiers tenus par les rebelles.
Alep (Syrie), le 14 décembre 2016. Des militaires de l'armée régulière avancent pour reprendre les quartiers tenus par les rebelles. — George OURFALIAN / AFP

Il ne resterait à Alep que des combattants « radicaux », désirant de lutter jusqu’au bout. L’armée russe a annoncé ce vendredi que les opérations qu’elles menaient pour évacuer les derniers rebelles et leurs familles d’Alep étaient terminées.

« Les opérations d’évacuation des combattants et de leurs familles des quartiers est d’Alep conduites par le centre de réconciliation (l’armée russe) sont terminées », a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué, ajoutant que « des unités de l’armée syrienne poursuivaient la libération des quelques quartiers d’Alep-Est où se trouvent des radicaux ».

Bruits de tirs et d’explosions

L’opération d’évacuation des civils et rebelles de la deuxième ville de Syrie doit ensuite permettre au régime de proclamer sa plus importante victoire dans le conflit qui ravage le pays depuis près de six ans.

Selon une source de sécurité syrienne, l’opération a été suspendue ce vendredi matin « car les hommes armés n’ont pas respecté les conditions de l’accord ».

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La Turquie a affirmé que son côté que l’évacuation d’Alep-Est « n’est pas terminée ».

En fin de matinée, des bruits de tirs et d’explosions ont été entendus à Ramoussa, quartier à travers lequel transitent les bus et les ambulances évacuant les habitants de la dernière poche rebelle d’Alep.

Le CICR confirme la suspension

Ces véhicules qui attendaient de pouvoir passer en zone rebelle pour évacuer d’autres personnes ont dû rebrousser chemin, vides.

La raison, selon la télévision syrienne, c’est que « les groupes terroristes ont essayé de faire sortir des armes lourdes et des otages », c’est-à-dire des membres des forces prorégime qu’ils détiennent.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a confirmé la suspension « avant de demander à toutes les parties de faire en sorte que l’opération reprenne et se poursuive dans des conditions normales ».

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Toute la nuit, des ambulances et des autobus ont fait la navette entre la dernière poche tenue par les rebelles à Alep vers des secteurs contrôlés par les insurgés dans l’ouest de la province du même nom.

En sus des autobus fournis par le régime et des ambulances, certains résidents sont partis dans leur propre véhicule, selon Ahmad al-Dbis, chef d’une unité de médecins et de volontaires qui coordonnent l’évacuation des blessés.

Le nombre de personnes évacuées difficile à estimer

« De nombreuses familles arrivent avec leurs affaires dans des camionnettes », a-t-il dit à Khan al-Assal, point de rassemblement à l’ouest d’Alep où les évacués sont conduits. « Ils se rassemblent et, de là, vont vers des camps ou chez des amis ou de la famille habitant dans la région ».

Ingy Sedky, porte-parole du CICR à Damas, a estimé qu’il était difficile d’avancer un chiffre précis pour le nombre de personnes déjà évacuées.

Mais selon Ahmad Dbis, environ 6.000 personnes sont déjà arrivées d’Alep, dont au moins 250 blessés. Certains ont eu besoin d’une prise en charge médicale d’urgence et ont été transférés en Turquie.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a estimé le nombre des personnes évacuées à environ 8.500, dont quelque 3.000 combattants. Les médias officiels ont eux parlé de quelque 8.000 évacués.