Syrie: La trêve et l'évacuation des civils suspendues à Alep

SYRIE La Turquie a également accusé le régime syrien et les groupes armés qui lui sont affiliés d’empêcher la mise en œuvre du cessez-le-feu…

20 Minutes avec AFP

— 

Un des bus qui doivent permettre l'évacuation des civils d'Alep, le 14 décembre 2016
Un des bus qui doivent permettre l'évacuation des civils d'Alep, le 14 décembre 2016 — GEORGE OURFALIAN / AFP

Civils et insurgés ne peuvent pour l’heure plus quitter Alep. L’accord prévoyant l’évacuation de civils et d’insurgés de la ville syrienne a été « suspendu » ce mercredi après des objections du régime de Bachar al-Assad, ont indiqué à l’AFP un responsable rebelle et une source proche du régime.

D’après les rebelles, le régime et ses alliés notamment iraniens ont « imposé de nouvelles conditions » à l’accord, tandis que la source proche du pouvoir a souligné que Damas avait exprimé son désaccord sur le nombre élevé de personnes devant être évacuées.

>> A lire aussi : Bana et sa mère, qui tweetent leur quotidien à Alep, se sont confiées à CNN

Blocage

« Damas veut également avoir une liste de noms de tous ceux qui vont sortir, pour s’assurer qu’il n’y a aucun otage ou prisonnier » pro-régime, a souligné la source proche du pouvoir.

« L’accord est suspendu à cause du blocage des forces du régime et des Iraniens », a indiqué de son côté à l’AFP un responsable du groupe rebelle Noureddine al-Zinki, Yasser al-Youssef.

>> A lire aussi : En fuyant Palmyre, le régime syrien a laissé du matériel de guerre à Daesh

« Ils ont voulu lier cet accord à d’autres dossiers, notamment les localités de Foua et de Kefraya », deux localités pro-régime assiégées par les rebelles dans la province d’Idleb (nord-ouest), a-t-il précisé.

Ankara accuse Damas

La Turquie a également accusé le régime syrien et les groupes armés qui lui sont affiliés d’empêcher la mise en œuvre  du cessez-le-feu censé permettre l’évacuation.

« Nous voyons maintenant que le régime (syrien) et d’autres groupes (qui le soutiennent) tentent d’empêcher » la mise en œuvre du cessez-le-feu, a déclaré à la presse le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu. « L’évacuation n’a pas pu avoir lieu », a-t-il ajouté. 

>> A lire aussi : A Alep-Est, «les derniers civils savent qu’ils vont mourir dans les prochaines heures»

La Turquie et la Russie avaient pourtant annoncé mardi la conclusion d’un accord de cessez-le-feu avec l’opposition syrienne à Alep, pour permettre l’évacuation de rebelles et de civils vers Idleb, à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest d’Alep.

Mettre « fin à la brutalité et à l’oppression »

Selon un communiqué du ministère russe de la Défense, des combattants rebelles devaient quitter Alep à 06 h 00 locales (04 h 00 GMT) à travers le quartier Salaheddine mais la colonne de bus devant les transporter a été visée par des tirs venant des quartiers rebelles.

« Il y a un accord qui doit être appliqué », a ajouté Mevlut Cavusoglu, peu avant que les rebelles et des sources proches du régime syrien annoncent que l’accord sur l’évacuation d’Alep avait été « suspendu ».

Le ministre turc a en outre fait savoir qu’il s’entretiendrait mercredi au téléphone avec ses homologues russe, Sergueï Lavrov, et iranien, Mohammad Javad Zarif. « J’espère que toutes les parties vont s’en tenir (à l’accord) pour qu’il soit mis fin à la brutalité et à l’oppression », a-t-il encore dit.

S’il est appliqué, l’accord d’évacuation des quartiers rebelles d’Alep marquera une victoire majeure pour le président syrien Bachar al-Assad face à l’opposition qui a émergé en 2011.

>> A lire aussi : Crise syrienne: «L’ONU est complètement paralysée par le veto russe»