Syrie: «Le temps est compté» à Alep, prévient l'ONU

SYRIE L'émissaire des Nations unies dans le pays redoute une catastrophe humanitaire...

M.C. avec AFP

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Un sauveteur syrien porte une rescapée d'un bombardement sur un quartier rebelle d'Alep, le 20 novembre 2016.
Un sauveteur syrien porte une rescapée d'un bombardement sur un quartier rebelle d'Alep, le 20 novembre 2016. — THAER MOHAMMED / AFP

C’est « une course contre la montre » pour éviter une catastrophe humanitaire, estime Staffan de Mistura. L’émissaire de l’ONU en Syrie a averti que le « temps était compté » pour éviter un « écroulement » des quartiers rebelles d’Alep, soumis à des bombardements meurtriers du régime qui avance face aux insurgés.

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Lors d’un entretien informel au Pérou, le président américain Barack Obama a demandé dimanche à son homologue russe Vladimir Poutine, allié de Damas, des efforts accrus pour limiter les violences et la souffrance des habitants.

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« Une fois que la Russie et l’Iran ont pris la décision de soutenir Assad dans sa campagne aérienne brutale, il était difficile de voir une façon pour l’opposition, même entraînée et modérée, de maintenir sa position très longtemps », a-t-il déclaré en conférence de presse, se disant « peu optimiste » sur l’avenir immédiat du pays.

« D’ici Noël, vous pourriez avoir 200.000 personnes fuyant vers la Turquie »

A New York, le Conseil de sécurité doit évoquer les efforts humanitaires dans le pays lundi. En visite à Damas, Staffan de Mistura a demandé dimanche l’arrêt des attaques qui se sont intensifiées ces derniers jours contre les civils à Alep, la grande ville du Nord syrien, « horrifiant » l’ONU. Les bombardements menés par l’armée du président syrien Bachar al-Assad ont tué 115 civils dont 18 enfants depuis mardi dans les quartiers Est d’Alep tenus par les rebelles, selon un dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

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Environ 250.000 personnes vivent assiégées depuis quatre mois dans les quartiers Est d’Alep. Bombardés et affamés, les civils se retrouvent dans une situation dramatique, selon les organisations humanitaires et le correspondant de l’Agence France Presse sur place. « D’ici Noël, en raison de l’intensification des opérations militaires, on verra un écroulement (…) de ce qui reste à Alep-Est et vous pourriez avoir 200.000 personnes fuyant vers la Turquie, ce qui serait une catastrophe humanitaire », a mis en garde Staffan de Mistura.

« L’ONU vient récompenser les terroristes »

Le chef de la diplomatie syrienne, qui avait convié l’émissaire de l’ONU à Damas, a rejeté sa proposition de maintenir une « administration autonome » des rebelles sur les quartiers qu’ils contrôlent. « On lui a dit qu’on rejetait complètement cette (idée) », a déclaré Walid Mouallem après la réunion, se demandant comment il était « possible que l’ONU vienne récompenser les terroristes », terme utilisé par Damas pour désigner rebelles et djihadistes.

La proposition de l’ONU préconise l’arrêt des bombardements des deux côtés, le départ des djihadistes du Front Fateh al-Cham (ex-branche d’Al-Qaïda) d’Alep, de tout combattant et civil qui le souhaite, et le maintien de l’administration locale de l’opposition à Alep-Est.